ABONNEZ-VOUS A MA NEWSLETTER : CLIQUEZ ICI
Chaque semaine, vous recevrez des infos, des bons plans, des astuces, des liens vers des discussions utiles et intéressantes...

mardi 27 août 2019

Sécuriser son avenir soi-même, c’est possible



Vous l’avez peut-être remarqué : depuis l’an dernier, j’ai tenté de vous apporter ici des articles plus étayés, plus concrets, peut-être plus vivants aussi. J’essaie de ne pas vous endormir avec ce blog qui entame déjà sa douzième année 😉

Malgré tout, l’idée générale de cette nouvelle salve d’articles, c’est celle que j’ai toujours prônée ici : nous, les paramédicaux, sommes des travailleurs indépendants. Nous devons apprendre à connaître notre barque, puis apprendre à naviguer. C’est aussi cette idée que Véronique Le Lan et moi avons défendue dans le livre Les Clés de la Réussite.



Cet ouvrage n’était pas écrit par des juristes, ni des financiers et encore moins des conseillers en gestion de patrimoine. Mais il était le produit de l’expérience concrète et de 20 ans de réflexion de deux orthophonistes lambda.

Apprendre à naviguer, c’est évidemment développer son activité, mais à la limite c’est facile à l’heure actuelle. La demande de soins est écrasante et les patients français sont solvabilisés par notre système social. Y compris les plus démunis.

Apprendre à naviguer, c’est aussi s’autoprotéger et préserver l’avenir de sa famille. Vous l’avez sûrement constaté autour de vous : certains collègues se débrouillent mieux que d’autres, sans pour autant devenir des margoulins ou épouser un roi du pétrole.  Je ne vous parle pas d’autre chose depuis 2008. La formation initiale présente de gros manques à cet égard. Le grand succès des Clés de la Réussite était sûrement lié à ce besoin.

A présent, le livre n’est plus diffusé. Sa troisième édition date de 2015. J’ai donc pensé à ce qui pouvait le remplacer :
  • un guide d’installation gratuit, disponible ici
  • une formation en ligne sur la sécurisation de notre avenir, notre autoprotection.
J’ai beaucoup procrastiné, mais finalement je touche au but : à la rentrée, j’aurai une formation à vous proposer. Vous y découvrirez comment nous sommes taxés, quelles protections nous avons, et quelles méthodes concrètes et SIMPLES vous pourrez mettre en place pour dégager une capacité d’épargne et sécuriser votre avenir. Et celui de votre famille.



Je sais très bien que vous vous dites que sortir du livret A et de l’assurance vie, et même résilier son contrat de prévoyance, c’est trop risqué, trop aventureux. Que ce n’est pas fait pour vous. Que vous avez trop de mal à gagner votre vie pour risquer de voir le fruit de vos efforts s’évaporer. Je comprends : j’ai longtemps pensé ça aussi, avant de découvrir que l’absence de prise de risque était finalement très risquée à long terme. Je vous donnerai les chiffres qui m'ont soudain réveillé.

Cette formation vous expliquera comment limiter les risques. Et comment s’occuper de ses affaires en n’y consacrant que quelques minutes par mois. Sans locataire qui vous harcèle avec un robinet qui fuit. Et sans surveiller les cours de l’action Total tous les jours.



Vous vous dites peut-être aussi que la réforme Delevoye va nous ôter toutes nos marges de manœuvre. Mais même si les syndicats échouent dans leur tentative de négociation de mesures compensatoires, il nous reste 10 ans pour nous mettre en ordre de bataille. L’action individuelle devient urgente, quand l’action collective s’avère aléatoire.

J’ai beaucoup hésité à utiliser le concept de formation en ligne parce que nous sommes très habitués au présentiel, qui permet d’être complètement focalisé et de poser des questions.

Concernant le focus, finalement, la formation en ligne n'est pas si mauvaise : on peut réécouter les modules autant qu’on veut. On peut aussi mettre en pause autant qu'on le souhaite pour prendre des notes ou réfléchir à tel ou tel point, tranquillement.

Quant aux questions : je vais créer un groupe Facebook dédié, qui nous permettra d’échanger. Vous y trouverez mes réponses, mais aussi celles des autres membres. Vous pourrez aussi me dire comment m’améliorer par la suite.

Faire ça en ligne me permet aussi de former plus de monde d’un coup et de réduire les tarifs : pas de location de salle, pas de déplacement. Et vous, vous n’annulerez pas de rendez-vous pour vous former. En définitive, ce format est précieux. Et confortable. C’est aussi multi-support : ça marche sur smartphone, tablette ou ordinateur.

Je consacrerai les jours qui viennent à la touche finale et à la mise en ligne des différents modules de la formation. Je dois aussi ajouter dans les descriptions tous les liens d’articles ou de sites dont je parle.

Si vous voulez être au courant dès la sortie de la formation, n’hésitez pas à m’envoyer un email en cliquant ICI.

EDIT : ça y est, c'est sortie ! Toutes les infos sont ici :
https://guillaumelefebvre.podia.com/

vendredi 19 juillet 2019

Chèques vacances : TUTO VIDEO

Il y a quelques mois, j'ai écrit un article sur les chèques vacances pour les travailleurs indépendants :


Suite à cela, j'ai reçu pas mal de demandes de renseignements complémentaires. L'interface du site de l'ANCV est adaptée aux entreprises, pas à nous.

Une explication visuelle est plus parlante que du texte. Je vous propose donc ce tuto vidéo où je vous montre comment vous inscrire et comment commander vos chèques :


Petit détail : lors de l'inscription, on vous demandera à un moment deux précisions qui ne sont pas dans la vidéo parce que mon compte était déjà créé. A cet endroit, j'ai sélectionné deux fois l'option "Autres".

Concernant le code promo dont je parle dans la vidéo, c'est ici :


On discute de cette vidéo sur le forum :


Et sur le groupe Facebook :


mardi 11 juin 2019

Elections à la CARPIMKO : les raisons d'hésiter



La CARPIMKO renouvellera une partie de son conseil d'administration le 21 juin. Pour ce faire, elle nous demande de voter. Vous avez certainement reçu des tracts, une enveloppe et un bulletin de vote. Si vous êtes orthophoniste, vous avez le choix entre la FNO, la FOF, le vote blanc et l'abstention. Chaque profession doit voter pour des listes soutenues par ses syndicats. Il n'y a pas de collège unique de tous les auxiliaires médicaux.

Loin de moi l'idée d'appeler à voter pour tel ou tel (qui serais-je pour ça ?), ni même d'appeler à voter tout court : chacun fait ce qu'il veut.

Je vais simplement vous faire part de mes hésitations, sachant qu'il reste dix jours pour se décider : la date ultime d'envoi du bulletin est le jeudi 20 juin. Vous vous posez peut-être les mêmes questions que moi :
  • A quoi sert cette élection ?
  • Les bulletins sont-ils vraiment différents ?
  • Je ne me reconnais dans aucun des syndicats, alors dois-je m'abstenir ?
  • Mon vote peut-il être récupéré comme un soutien à tel ou tel syndicat ?
  • On lit que cette année, c'est plus important que d'habitude. Pourquoi ? Est-ce la réalité ?
  • Pourquoi voter, si la CARPIMKO est appelée à disparaître dans la réforme Delevoye ? N'est-ce pas comme élire des députés européens britanniques, juste avant le Brexit ?
  • Pourquoi s'intéresser aux retraites alors que les jeunes sont surtout là pour payer les pensions des retraités actuels, sans aucune certitude de retraite pour eux-mêmes ?
  • Quel vote a le plus de chances d'éviter l'horrible cotisation à 28% qui tuerait tant de cabinets ?
Mais déjà, à quoi sert ce conseil d'administration ?

Ce sont des collègues qui prennent des décisions concernant les différents régimes de la CARPIMKO : retraite et invalidité-décès. Ils estiment avoir bien œuvré jusque là : régulièrement, ils mettent en avant des chiffres prouvant que leur gestion est meilleure que celle du régime général.

Malgré tout, le A de CARPIMKO signifie "Autonome". Elle n'est pas indépendante. Deux exemples :
  • Le régime de base de retraite est géré par la CNAVPL, dont la CARPIMKO n'est qu'une composante. L'argent de nos cotisations part dans un pot commun, avec celui des médecins, des dentistes, des vétérinaires, des agents d'assurances, des experts-comptables, des notaires, des architectes, etc (vois la liste exhaustive ici). Nous n'avons pas les mêmes intérêts que tous ces libéraux, parce que nos revenus sont plus bas que les leurs. Une partie des cotisations part même dans le tonneau des Danaïdes d'autres régimes, par solidarité.
  • En 2008, l'un de nos régimes de retraite, l'avantage social vieillesse (ASV), a vu son rendement subitement divisé par six, sans que la CARPIMKO ou nos syndicats puissent y faire quoi que ce soit. Ses réserves n'existaient presque plus. Le couperet est tombé d'en haut.
Dans ces conditions, à quoi cela sert-il de voter ? Et pour qui ?

J'ai longtemps pensé que voter à la CARPIMKO ne servait à rien. Et cette fois encore, c'est la première réponse qui m'est venue à l'esprit. Aux motifs que je viens de décrire, s'ajoute le fait que nous n'avons pas de vrai choix.

Vous savez que la FOF ne représente pas grand-chose. Mais comparons tout de même les deux programmes.




Évidemment, les deux commencent par l'équité et la solidarité. Deux étendards qui ne mangent pas de pain. Mais quand on compare les conditions que la CARPIMKO nous réserve avec celles que les retraités actuels se sont arrogées (retraite à 60 ans, deux fois moins de cotisations), il y a de quoi sourire. La retraite par répartition française, c'est tout sauf l'équité et la solidarité. Ou alors, à sens unique.

Les deux programmes demandent aussi le renforcement de l'ASV, dont j'ai parlé plus haut. Intérêt de la manœuvre : la sécu cotise aussi pour nous à ce régime, un peu comme les patrons qui cotisent pour leurs employés. C'est un des avantages de notre conventionnement. Mais rappelons que ce régime a été torpillé en 2008 et qu'il peut l'être à nouveau, sans coup férir. Alors à quoi bon renforcer quelque chose qui n'offre aucune sécurité ?

La FOF va même plus loin dans sa confiance envers notre système : elle revendique "l'abaissement du seuil d'accès la cotisation proportionnelle" du régime complémentaire. Cela mérite de s'y attarder une minute. 

Je vous donne quelques chiffres mais n'ayez pas peur, vous allez rire.

Actuellement, si votre bénéfice est inférieur à 25 246 € par an, le régime complémentaire vous prend 1 624 €. Au-dessus, il vous prend la même somme, à laquelle il ajoute 3 % de tout ce qui dépasse 25 246 €. Par exemple, si votre bénéfice est de 40 000 €, la formule est la suivante :

1624 + (40000 - 25246) x 0,03 = 2 067 €.

Bien évidemment, ces 3 % rapportent quelques points de retraite en plus. Attention, un point, c'est une promesse, rien de tangible. Mais la FOF croit à la retraite par répartition, elle y est même "attachée". Alors elle voudrait abaisser le seuil des 25246 pour forcer les moins fortunés à payer la cotisation à 3 % ! Pour elle, il est injuste de réserver l'accès à ce paradis à ceux qui travaillent davantage.

Autre point amusant : la FOF veut réduire le fameux délai de carence de 90 jours du régime invalidité-décès. D'où viendrait l'argent ? On n'en sait rien.


La FNO ne revendique rien de tel, fort heureusement : elle a besoin de conserver une image respectable. Elle préfère axer sa communication sur la réforme Delevoye qui sera présentée cet été. Pour mémoire, cette loi scélérate vise à nous prendre 28 % de notre revenu, en incluant même les charges sociales dans l'assiette ! Actuellement, nous tournons autour de 15 % du bénéfice.

Chaque année, nous travaillerons de janvier à avril pour les retraités. Ensuite, nous nous échinerons pour l'URSSAF, puis pour le fisc, puis pour les impôts locaux, tout en payant sans cesse de la TVA et de la TICPE...

La France, pour certains, ça devient Cuba sans le soleil.

J'ai publié ici un article et un tableau pour vous permettre de calculer votre propre hausse de cotisation, en l'état actuel de la réforme Delevoye.

Face à cette menace, est-il plus utile de voter cette année que d'habitude ?

C'est la rhétorique actuelle de la FNO. Elle dit que si l'abstention est massive, le gouvernement y verra un feu vert pour sa réforme et que dans ce cas, les 28 % sont assurés. Dans cette hypothèse, ce sera la faillite de beaucoup d'entre nous, dans l'indifférence générale.



La FNO est-elle un rempart contre les 28 % ? 

Déjà, on peut constater qu'elle parle plus de la réforme Delevoye que la FOF, dans les tracts que nous avons reçus. C'est une bonne chose.  D'ailleurs, les responsables de la FNO sont très conscientes de la menace.

Si je m'arrête là, je coche la case FNO et je poste mon bulletin de vote.

Mais plusieurs questions donnent encore des raisons d'hésiter :
  • Pourquoi la FNO cherche-t-elle à obtenir une hausse de l'ASV et/ou de l'AMO, au lieu de refuser le taux de cotisation unique pour tous les Français ? N'est-ce pas s'avouer vaincue d'emblée ?
  • Pourquoi n'y a-t-il pas un front commun de tous les travailleurs indépendants, pour lesquels cette réforme est un tsunami ?
  • Pourquoi aurions-nous confiance en l'ASV, après la réforme de 2008 ?
  • Un vote FNO sera-t-il interprété comme une adhésion au système de la retraite par répartition ?
  • Plus généralement, un vote FNO sera-t-il récupéré comme un soutien à sa politique (ex : l'acceptation du blocage des lettres-clés alors que les médecins sont régulièrement augmentés, ou encore le poids écrasant de l'exercice salarié dans les revendications) ?
  • Pourquoi avoir délégué la gestion du tsunami à la fédération fantomatique des praticiens de santé, la FFPS, qui n'a quasiment aucune existence faciale depuis sa création en 2017 ? Regardez sur Google, c'est inquiétant.
Si vous cherchez quelques éléments de langage de la FNO, vous en trouverez ici.

En tant que libéral, j'aurais tant aimé que nous revendiquions la liberté de cotiser où et comme nous l'aurions souhaité, avec un seuil commun incompressible (pour éviter les comportements dangereux des cigales et leur retournement contre les fourmis). Dans ces conditions, la fin de la CARPIMKO ou sa mise en concurrence avec d'autres caisses européennes m'aurait réjoui. Mais redescendons sur terre. Il paraît que nous sommes attachés à notre système de retraite.



Alors au lieu de revendiquer la liberté, nous acceptons la fuite en avant dans le système actuel, avec la création d'un monopole d'Etat qui aligne tout le monde, moyennant d'incertaines concessions. Rien ne nous dit que nous les obtiendrons, donc nous acceptons peut-être le principe de la réforme pour rien. Et même si l'ASV vient compenser le passage à 28 %, rien ne dit qu'il ne sera pas détruit à nouveau un jour. Il suffira d'un décret, comme en 2008.

En même temps, s'abstenir ou voter blanc, c'est laisser croire qu'on s'en moque. On peut se moquer de sa retraite : beaucoup d'entrer nous ont admis l'idée que c'était juste une cotisation pour les seniors actuels. Mais peut-on se moquer de la cotisation à 28 % ?

Cruel dilemme...




mardi 28 mai 2019

Contrat incitatif : faisons le bilan



Aujourd'hui, je vais vous raconter une histoire. L'histoire des cinq plus belles années de ma carrière. Et pas seulement la mienne.

Si comme moi vous travaillez dans un paradis méconnu une zone très sous-dotée, vous avez probablement signé le contrat incitatif en 2013. Vous vous engagiez à rester là où vous étiez. En contrepartie, vous ne payiez plus de cotisation aux allocations familiales. Et si vous arriviez dans la zone, vous aviez droit à une sympathique prime supplémentaire, en cadeau de bienvenue.

La FNO avait même obtenu une augmentation de l'AMO, par la même occasion. C'était vraiment le bon temps : à présent, elle est contrainte de nous expliquer que toutes les lettres-clés des paramédicaux sont gelées, quand la consultation des généralistes prend 9 %.

Quel était l'intérêt de ce contrat ?

Le contrat incitatif était une sacrée aubaine, même si vous n'aviez pas droit aux primes d'installation : à l'époque, la cotisation aux allocations familiales vous prenait 5,4 % de vos revenus !

Si votre bénéfice était de 30 000 €, vous récupériez 1620 € par an.
Si votre bénéfice était de 60 000 €, vous récupériez 3240 €.
Et ainsi de suite...

Bien évidemment, vous reperdiez une partie en impôt sur le revenu, en CARPIMKO et en CSG. Mais il ne fallait pas bouder son plaisir : c'était une heureuse surprise pour ceux qui avaient la chance d'être dans les bonnes zones.

Les bonnes surprises, ça arrive parfois.



A l'époque, nous avions une perspective de trois ans. Finalement, deux ans ont été ajoutés. Puis la FNO a signé l'avenant 16, qui a fortement remanié le contrat incitatif.

Nous avons donc eu cinq ans de bonheur. Mais la France aime tripatouiller ses prélèvement obligatoires en permanence. Alors il s'en est passé, des choses, en cinq ans :
  • passage du taux des allocations familiales de 5,4 à 5,25 %
  • passage du même taux à 2,1 % pour les bas revenus uniquement
  • disparition de ces 2,1 %, compensés par +1,7% de CSG (dont l'assiette est plus large) ; dans le même temps, les revenus plus hauts passaient de 5,25 à 3,15 %
  • année blanche en 2018.
Comme vous le voyez, l'intérêt du contrat incitatif de 2013 a complètement fondu au fil des années, pour finalement disparaître.

A présent, les nouvelles aides au maintien de l'avenant 16 accordent une prime annuelle de 1500 €, versée par la CPAM. Il n'y a plus d'aide sur les allocations familiales, puisque beaucoup de gens ne les paient plus. Quant aux aides à l'installation, elles sont beaucoup plus intéressantes que dans l'ancienne formule (tous les détails sont dans mon guide d'installation 2019).

Concrètement, quel est le bilan ?

Je viens de faire les comptes, voici ce que j'ai gagné en cinq ans de contrat incitatif :
  • 2013 : 1309 €
  • 2014 : 3440 €
  • 2015 : 3464 €
  • 2016 : 3081 €
  • 2017 : 3343 €
  • 2019 : 1000 €
  • TOTAL : 15 637 €, soit environ deux Dacia Sandero !



Vous remarquerez que rien ne s'est passé en 2018. Explication : la cotisation aux allocations familiales a été supprimée pour les bas revenus le 1er janvier 2018. Les caisses ont décidé de verser une prime de 1000 € pour solde de tout compte.

Mais pour que ce soit drôle, elles ne l'ont pas versée pendant l'année blanche (rappelons que les revenus 2018 non exceptionnels sont exonérés d'impôt)  : elles le font en ce moment !

Elles ont donc remplacé un avantage non imposable en une prime dont la moitié repartira en impôts et en charges sociales ! Je n'ai vu personne s'en offusquer en haut lieu.

Mais bon. Ne boudons pas notre plaisir. Deux Sandero, ça ne se refuse pas, même s'il y en a une qui revient à la France.


Reste que pour beaucoup d'entre nous, c'est fini, d'après ce que je vois sur les réseaux sociaux orthophoniques : dans bien des endroits, les zones très sous-dotées de 2012 ne le sont plus en 2019. C'est notre cas ici. Notre paradis méconnu est devenu une zone intermédiaire. Nous n'avons jamais eu autant de difficulté à absorber la demande de soins, mais là n'est pas la question, étonnamment.

Petite digression en guise de conclusion :

Alors oui, c'est vrai : chez nous, il n'y a plus de contrat incitatif. Cela dit, si la dernière vidéo de ma chaîne YouTube vous donne la moindre envie de rejoindre notre sympathique cabinet, n'hésitez pas une seconde, CONTACTEZ-MOI !

Ici, si vous avez un patient absent, vous avez le temps d'aller voir la mer et de revenir à temps pour le suivant !


lundi 29 avril 2019

Réforme des retraites : un tableau pour calculer votre surcoût


[EDIT du 18/09/19 : je retire mon tableau, parce que Logicmax a publié un mini-site mieux fait et très pratique : https://reforme-retraite-liberaux.fr/ ]

Vous le savez sûrement : le gouvernement actuel cherche à unifier les régimes de retraite pour créer un système universel. A terme, un cheminot devrait avoir la même assurance vieillesse qu'un orthophoniste. Exemples pris au hasard, bien sûr ;-)

Monsieur Delevoye, candidat malheureux à la présidence du RPR en 1999, a été chargé de mener à bien cette réforme qui paraît juste sur le principe.



Quel est le projet ?

Concernant les cotisations, son idée consiste à aligner tout le monde sur 28 % du revenu brut. Ne parlons pas des droits à la retraite : ce ne sont que de vagues promesses qui ne peuvent pas être tenues. Seule la cotisation est tangible.

Dites comme cela, les choses paraissent abstraites. Mais rappelons qu'en moyenne, nous versons une quinzaine de pourcents de notre bénéfice (+ assurances Madelin) à la CARPIMKO. Ceux qui travaillent beaucoup sont en-dessous, ceux qui limitent leur activité libérale sont au-dessus. La CARPIMKO est inversement progressive, contrairement à l'URSSAF et à l'impôt sur le revenu. 

Grosso modo, la CARPIMKO nous prend 12 à 18 % de nos revenus nets à l'heure actuelle.

Passer à 28 % du brut, cela voudrait dire qu'on ajouterait l'URSSAF et la CARPIMKO dans l'assiette du calcul, en plus des assurances Madelin. C'est déjà ce qui se passe pour la CSG et la CRDS : nous payons des taxes sur des taxes (j'utilise le mot "taxes" à dessein : une part importante de la cotisation CARPIMKO n'est pas de l'assurance mais de la solidarité nationale).

Alors concrètement, ça fera combien ?


J'ai voulu le savoir ce matin. J'ai donc fabriqué un petit tableau Excel que vous pourrez télécharger en cliquant sur ce lien.

Pour une évaluation précise, il vous faudra 4 montants que vous avez sûrement, en cette période de déclarations :
  • Votre bénéfice : case CP de la déclaration 2035 (ou 66% de votre recette si vous êtes en régime Micro-BNC)
  • Vos charges sociales personnelles (CARPIMKO et URSSAF hors CSG) : case BT de la 2035
  • Vos assurances Madelin : case BU de la 2035
  • Votre cotisation CARPIMKO actuelle si vous voulez comparer. Dans ma formule, j'ai exclu les 670 € du régime invalidité décès.
Entrez ça dans les cases qui ne sont pas en gras et vous saurez illico ce que M. Delevoye vous réserve ! Vous aurez aussi une idée des cotisations retraite impressionnantes des salariés du privé, quand on additionne les parts salariale et patronale.

Pour l'instant, tout ceci n'émeut pas grand-monde



Il semble que les syndicats d'auxiliaires médicaux aient confié le dossier à la Fédération française des praticiens de santé (FFPS). Dans la revue l'Orthophoniste n°387 (fin mars), la FNO nous a raconté en pages 11 et 12 une entrevue de janvier avec M. Delevoye. Et le 26 avril, la FFPS a publié un communiqué de presse qui montrait qu'aucune amélioration n'était en cours. Son président, M. Guillerm, concluait par ces mots : 

"La FFPS mettra tout en œuvre pour participer à une réforme qui prendra en compte les spécificités et les contraintes de ses membres et qui garantira l’équilibre économique déjà fragile de nos cabinets."

Voilà où nous en sommes. Ne cherchez pas ce communiqué de presse sur les sites de nos syndicats : à l'heure où j'écris ces lignes, la FNO parle de la surdité ; la FNI communique sur la vaccination ; le SNMKR évoque la loi de santé et la FFMKR s'exprime sur la certification (autre nuage sombre à l'horizon). Quant au site de la FFPS... il n'existe pas ! Et sur Facebook, une recherche de la FFPS aboutit à... la Fédération française des pêches sportives. Voilà une occasion de relire Hemingway pour penser à autre chose.


J'espère que cette apathie générale signifie que cette réforme n'est qu'une agitation de quelques esprits qui n'a aucun avenir. Et que c'est la raison pour laquelle personne ne cherche à mobiliser ses troupes. Il y a aussi le fait que les projets de M. Delevoye sont prévus pour 2025, alors que tout pourra être remis en cause après les élections de 2022, comme la TVA sociale l'a été en 2012.

Mais le simple fait que des gens a priori sérieux imaginent de faire exploser le montant de nos cotisations sans la moindre contrepartie en dit long sur la précarité de notre statut.

Plus généralement, je n'ai pas choisi l'exercice libéral pour être materné et déresponsabilisé par l'Etat français comme le sont les salariés !


Il est normal que nous ayons un socle commun de protection, pour éviter que les fourmis se retournent vers les cigales en cas de bise. Pour ce faire, nous devrions pouvoir mettre la CARPIMKO en concurrence avec des mutuelles et des assureurs européens et décider nous-même d'un éventuel niveau supplémentaire de protection. Certains cotiseraient davantage, d'autres choisiraient de constituer un patrimoine pour leurs vieux jours. Voilà ce qui serait une réforme éprise de liberté.

Le carcan des 28 % sera plus une prison soviétique qu'autre chose : tout le monde sera logé à la même enseigne dans un système étatisé. Un comble pour un gouvernement qui rejette l'ancien monde.