C'est une question qui peut heurter ceux qui aiment les impôts (des autres). Mais l'Etat lui-même nous ouvre
tout un champ des possibles pour réduire sa ponction. Ca lui permet de
flécher notre argent là où ça l'intéresse.
C'est moins vrai en ce qui concerne l'Urssaf et la Carpimko, comme vous
le savez. Ces deux-là sont des meules de Comté, alors que l'impôt sur le
revenu est un Emmental.

Je ne vous parlerai pas ici des placements dont les gains sont
défiscalisés : assurance vie, livret A, livret de développement durable,
plan d'épargne logement, plan d'épargne en actions, statut de loueur en
meublé non professionnel, etc. Ceux-là permettent de créer des revenus
secondaires (intérêts, plus-values, dividendes, loyers) sans être
matraqué par l'horrible barème progressif de l'impôt sur le revenu.
C'est déjà bien.
Mais en cette fin d'année, il peut être urgent de taper plus fort sur
l'impôt sur le revenu ; notamment si vous avez beaucoup travaillé. Donc
focalisons-nous plutôt sur la défiscalisation qui fait réellement
baisser la facture de Bercy. Voici 8 pistes concrètes.
1) Faire des frais pro
N'oubliez pas de déduire la moindre dépense pro. Si vous achetez des stylos pour le cabinet en faisant vos courses à Auchan, n'oubliez pas de les payer à part avec votre compte pro, par exemple. C'est plus long parce qu'on paie ses courses en deux temps, mais il n'y a aucune raison de faire un cadeau au fisc quand on vit dans un enfer fiscal. On pourrait être plus magnanime si on vivait au Luxembourg ou aux îles Caïman...
Attention, ne faites pas de frais superflus, contrairement à ce qu'on nous dit souvent : faire des frais uniquement pour faire baisser les impôts, ça ne dégage aucun argent privé qui pourrait être épargné ou dépensé pour soi.
Quand on gagne 100 € et qu'on les dépense dans une boîte Ortho Edition, on peut abaisser ses taxes de 50 €. Donc au total on a fait une dépense pro de 50 €, ce qui paraît être un bon plan. Mais si la boîte dort sur une étagère on a juste stérilisé 50 €.
Quand on gagne 100 € et qu'on les met sur le compte privé, on paie les taxes mais il reste 50 € pour dépenser ou épargner.
2) Utiliser le crédit d'impôt pour la formation professionnelle
Si vous n'avez pas encore utilisé votre quota annuel de 40 heures, vous pouvez encore prendre des formations (ex : celles de
So Spitch) sur 2024. Notamment en e-learning. Le fisc vous paiera 2 x 11,88 € par heure.
Attention, ça ne fonctionne pas en Micro-BNC. Et si vous finissez le
visionnage en 2025, normalement le crédit d'impôt ne sera pas celui de
2024.
3) Investir dans un Plan d'Épargne Retraite (PER)
Les versements effectués sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans certaines limites, ce qui peut réduire votre impôt tout en préparant votre retraite et/ou l'achat de votre résidence principale.

Il est assez magique d'épargner de l'argent brut, de l'argent qui n'a pas encore subi l'impôt sur le revenu. C'est complètement impossible avec l'assurance vie.
Inconvénients :
- C'est
une prison volontaire : l'argent est coincé pendant des années, voire
des décennies. Impossible de le sortir si votre voiture vous lâche ou si
votre enfant part étudier à Harvard, par exemple.
- La
récupération du capital est fiscalisée lors de la retraite. Même chose
si vous optez pour une rente viagère. Donc le PER est un pari sur le
fait de payer moins d'impôts en fin de vie.
Où faire ça : par exemple chez Linxea ou Boursobank.
4) Acheter des parts de FIP ou de FCPI
Investir dans des Fonds d'Investissement de Proximité (FIP) ou des Fonds
Communs de Placement dans l'Innovation (FCPI) permet de bénéficier
d'une réduction d'impôt sur le revenu. Actuellement cette réduction est
de 18 % des sommes investies.
Inconvénients :
- Placements risqués avec possibilité de perte en capital (surtout avec les FCPI)
- Période de blocage des fonds de 5 à 10 ans.
- Frais d'entrée et de gestion souvent élevés.
Où acheter ça : par exemple chez Meilleurtaux Placement ou à l'UFF.
5) Acheter des parts de SOFICA
Les Sociétés pour le Financement de l'Industrie Cinématographique et
Audiovisuelle (SOFICA) offrent une réduction d'impôt pouvant atteindre
48 % des sommes placées, dans la limite de 18 000 € investis par an.
C'est une défiscalisation très puissante, que j'ai utilisée plusieurs
fois à la fin d'années fastes. J'achète mes parts grâce à l'entremise de
l'
Union Financière de France du Havre.
Inconvénients :
- Placement risqué et non garanti, avec une perte en capital possible (voire probable, mais généralement inférieure aux 48 %).
- Longue période de blocage : minimum 5 ans.
- Marché de niche : peu de liquidité et peu de transparence.
Où acheter ça : par exemple chez Meilleurtaux Placement ou à l"UFF.
6) Le Girardin
Ca concerne l'Outre-Mer. Vous pouvez y financer des entreprises
(Girardin industriel) ou la construction de logements sociaux (Girardin
social). Voici une synthèse :
Avec qui faire ça : un conseiller en gestion de patrimoine ou un
conseiller fiscal. Là il faut vraiment un spécialiste pour éviter les
risques de redressement fiscal.
7) Investir dans les SCPI fiscales
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier fiscales sont des véhicules
d’investissement permettant de bénéficier de lois de défiscalisation
(Pinel, Denormandie, Malraux, déficit foncier) en investissant dans des
biens immobiliers à travers une société de gestion. Donc pas de souci de
robinet qui fuit alors que vous êtes au milieu d'un test chronométré
avec un patient. La réduction d'impôt commence dès l’année de
souscription et s'étale sur plusieurs années.
Les SCPI ont un ticket d’entrée relativement bas (à partir de quelques
milliers d’euros), ce qui est plus accessible que l'achat d'un bien
immobilier en direct.
Inconvénients :
- L'immobilier est vraiment dans la panade en ce moment, sans visibilité quant à une résilience à venir.
- La défiscalisation est étalée sur plusieurs années.
- L'argent est bloqué pendant plusieurs années en attendant la dissolution de la SCPI.
- La sortie de la SCPI (quand elle revend ses biens) peut se passer à un mauvais moment, donc dans de mauvaises conditions.
- Le rendement locatif (dividendes perçus / argent investi) est généralement médiocre, donc c'est vraiment une opération fiscale.
Où : chez des courtiers comme
celui-ci.
8) La forêt, le vin, les champs
Si vous visez le long terme, vous pouvez investir dans les groupements
fonciers forestiers, ou viticoles, ou agricoles. Ca peut atteindre 18 %
de réduction d'impôt. Mais l'argent est bloqué très longtemps.
Plus de renseignements
ici.
Attention au plafond de 10 000 €
Pendant la dernière crise financière,
le gouvernement de Nicolas Sarkozy a voulu restreindre l'utilisation de
la défiscalisation. Il a donc instauré un plafond de 10 000 € par foyer
fiscal, au-delà duquel les impôts ne peuvent plus baisser. Ca concerne
par exemple l'emploi à domicile et la loi Pinel.
Il y a aussi des plafonds spécifiques (ex : 18 000 € pour les Sofica).
Et il existe encore des niches
fiscales complètement déplafonnées, comme la loi sur les monuments
historiques. Mais là on arrive dans des montants généralement
inaccessibles aux auxiliaires médicaux.