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lundi 28 octobre 2024

Combien gagne un orthophoniste libéral ? Version de 2024


Le Covid a porté un bon coup de canif aux revenus des orthophonistes libéraux : plongeon en 2020 malgré l'autorisation express de la téléorthophonie, rebond en 2021, puis vague Omicron en 2022. Mais où en sommes-nous à présent ? Quel revenu ? Pour quel temps de travail ?

L'AGAO, principale association de gestion des orthophonistes, nous l'annonce gaillardement : en 2023, nous avons retrouvé le niveau des années 2010 ! Le trou d'air est enfin surmonté, malgré les dérives de la Carpimko qui n'a cessé de nous mettre de nouveaux boulets aux pieds. Je ne détaillerai pas ça ici, mais on sait que les quatre régimes de notre caisse équitable et solidaire s'en prennent aux actifs sans considérer l'inflation (et encore moins nos tarifs anémiques).

L'an dernier nous avons gagné 32 920 € en moyenne, soit 2743 € par mois. C'est notre revenu, notre bénéfice. L'équivalent d'un salaire net.

En parlant de salariat

Il est intéressant de comparer nos 2743 € avec le salaire moyen français.

L'Insee vient de publier le salaire moyen du privé pour 2023 : 2735 € nets, avant impôt. Nous sommes donc des gens très moyens !


Bon, il nous manque notre revenu médian. C'est toujours plus instructif : si vous prenez la médiane au lieu de la moyenne, cela signifie que la moitié des gens gagne plus, et l'autre gagne moins. Le revenu moyen, lui, est trop tiré vers le haut par les très hauts revenus qui ne concernent pas grand-monde.

Le salaire net médian du privé est à 2183 € en équivalent  temps plein. Le SMIC progresse plus vite. Il est à 63 % du salaire médian.
 

Si vous trouvez ces 2743 € assez bas pour un bac +5

Rassurez-vous :
  • ça inclut les collègues en exercice mixte (salariat + libéral) ;
  • et aussi celles qui prennent un congé maternité, ce qui n'est pas rare dans un métier où les hommes sont plus des erreurs statistiques qu'autre chose.

 

Quel temps de travail pour gagner ça ?

Les diverses statistiques officielles françaises disent que pour gagner leurs 2735 € moyens, les salariés travaillent 36 à 38 heures par semaine en moyenne, en équivalent temps plein (voir ici). Ils sont donc un peu au-dessus des fameuses 35 heures. Rappelons en passant qu'ils peuvent avoir des heures supplémentaires défiscalisées (voir ici).

Et nous ?



C'est une véritable enquête à mener. Un défi intéressant, vous allez voir !

Commençons par regarder  si on peut estimer le temps de travail en présence du patient.

L'Assurance Maladie nous surveille de près depuis plus de vingt ans. Elle pratique un "suivi individuel" de notre activité et elle nous tient au courant des moyennes régionales, pour que nous sachions si nous sommes déviants et si nous risquons un contrôle.

Les moyennes diffèrent peu d'une région à l'autre. Nous les avons comparées sur le groupe Facebook des Clés de la Réussite il y a quelque temps pour nous en assurer. Prenons donc les dernières moyennes normandes, au hasard...


En 2023, les orthophonistes normandes ont pratiqué 1675 actes en moyenne. La grande majorité étaient des séances de 30 minutes, mais ça comprend aussi les bilans et les séances de 45 minutes : neurologie et surdité.

Déjà, avec cet obstacle, on peut dire qu'on est bloqué. Mais ne baissons pas les bras si facilement. Tentons de nous approcher de la vérité.

L'Orthophoniste n°416 (p.12) nous apprend que les séances de neurologie représentent 23 % de notre activité. Celles de surdité (AMO 15,4 à 45 minutes minimum) sont malheureusement assimilées avec tous les handicaps (AMO 13,8 à 30 minutes minimum). Les deux font 8% de notre activité, ensemble. Deuxième obstacle. 

On peut quand même penser que l'impact des séances de surdité équivaut à celui de la tolérance sur les séances de neurologie qui peuvent descendre à 30 minutes si le patient est fatigable. Alors restons à 23 %.

Le bilan, maintenant : 7,5 % de notre activité. Estimons-le à deux heures.

Résultat : 

Séances de 45 minutes : 1675 actes x 23 % x 3/4h = 289 heures sur l'année
Bilans : 1675 actes x 7,5 % x 2h = 251 heures
Séances de 30 minutes : 1675 actes x (1-23%-7,5%) x 1/2h = 582 heures
Total annuel : 1122 heures en présence des patients.

Si on prend 6 semaines de congés (5 semaine + quelques jours fériés), on arrive à 24 heures par semaine.
Si on monte à 8 semaines de congés (ce qui est royal) : 26 heures par semaine.

24 heures par semaine pour gagner 2743 € par mois, c'est excellent !


Oui. Mais non.


Le travail gratuit ne manque pas dans notre métier : comptabilité + préparations + cotations + rédaction + coups de fil + mails + "petits courriers" + rejets + formation + repas avec des collègues + réunionite pour garder le FAMI, j'en passe et des meilleures…

Selon une étude de la FNO réalisée par Joy Rainaud en 2021, basée sur les réponses de 6635 orthophonistes, le temps administratif est en moyenne de dix heures par semaine pour les orthophonistes.

Il faudrait retrouver la méthodologie de cette étude pour savoir si des orthophonistes sans problème de temps ont répondu à l'enquête. Mais si on admet ces dix heures comme le fait la FNO, on arrive à 34 h par semaine pour gagner 2743 € par mois.

Ca reste correct : on n'est pas si loin des 35h. On peut penser que dans les faits, cela oscille entre 30 et 40 à cause des vacances scolaires et des épidémies.

Et surtout, on peut faire mieux

Le temps administratif gratuit peut être compressé et redevenir du temps de soin, ou du temps libre. L'intelligence artificielle peut par exemple nous aider à accélérer la rédaction de comptes rendus (voir ici) et la préparation des séances (voir ici).

Le temps de soin, lui, est difficilement compressible. Des  pistes existent, mais elles butent sur la déontologie. Quelques exemples :

  • Ne plus prendre en charge les AMO 15.
  • Passer tous les AMO 15,6 et 15,7 à trente minutes en profitant du flou de la nomenclature : "45 minutes ne pouvant être inférieures à 30.
  • Refuser tous les domiciles.
  • Faire des bilans courts.
  • Utiliser les premières séances pour finir les bilans, en profitant de la disparition de la demande d'accord préalable sur la première série de séances.


On peut aussi imiter les kinés qui pratiquent le dépassement d'honoraires illégal. Mais… c'est illégal.

Consacrons-nous donc en priorité sur l'optimisation du temps de travail gratuit ! Les groupes Facebook orthophoniques fourmillent d'idées là-dessus. Instagram aussi (ex : Paksaafaire, Kathleen Care Pro, Extra Ortho).

Quid de l'avenir ?

A priori les chiffres de 2024 montreront que l'avenant 20 a encore renforcé notre position, au moment où l'inflation revient entre 1 et 2 % par an. C'est un moment rare, parce qu'on voit mal pourquoi nous serions augmentés dans les années qui viennent.
 
Pendant ce temps, la Carpimko continuera à serrer son étau sur nous. La réforme du régime complémentaire qu'elle a annoncée risque de décourager le soin, en nous incitant à en faire le moins possible.

Plus que jamais, l'optimisation (légale et déontologique) sera nécessaire ! D'autant qu'il ne faut pas oublier un point capital : nous avons un revenu net similaire à celui des salariés, mais si nous voulons avoir la même protection sociale que la leur, nous devons épargner davantage.

mercredi 2 octobre 2024

Avantage social vieillesse de la Carpimko = peanuts ?


L'avantage social vieillesse (ASV) est notre troisième régime de retraite : il a été inventé après le régime de base et le régime complémentaire. On nous parle d' "avantage" parce que la sécu y cotise aussi pour nous.
 

Elle y cotise même plus que nous :

  • elle paie 2/3 de la cotisation forfaitaire à l'ASV (657 € pour tous cette année)
  • elle paie 60 % de la cotisation proportionnelle (0,4 % des revenus conventionnés).
C'est très gentil. Encore un avantage conventionnel, à côté de la grosse réduction d'Urssaf sur les revenus conventionnés.


Mais ne nous emballons pas. Voici ce que ça représente dans la pension des retraités actuels :
 

source : Carpimko


 

Prenons le cas des ex-orthophonistes :  

  • 1 684 € d'ASV sur 12 263 € de pension annuelle brute
  • en net par mois : 134 € sur 975 €
  • l'ASV ne représente donc que 14 % du total.

 

Vous allez rire : ce sera encore moins pour vous.


Les retraités actuels bénéficient d'un ASV 1ère génération, celui d'avant la réforme cataclysmique de 2008 qui a divisé la valeur du point par deux. Il faut dire que ce régime filait tout droit vers la faillite. Il n'avait plus que quelques mois de réserve.
 
Vous, vous aurez accumulé bien plus de points post-2008, voire uniquement ça. Des mini-points. Mais bon, comme toujours, la génération des baby-boomers conserve ses privilèges grâce à son poids politique. Et puis la clause du grand-père fait toujours mieux avaler une réforme impopulaire.

Quoi qu'il en soit, pour vous l'ASV sera probablement anecdotique.
 

Fun fact

Au passage, vous aurez remarqué que la pension moyenne des ex-orthophonistes libérales se situe sous le minimum vieillesse (qu'on appelle "ASPA" actuellement) : 975 € contre 1012. C'est dû aux carrières hachées. On peut donc espérer que nos anciennes collègues ont aussi une pension d'autres emplois salariés, en plus de leurs maigres 975 €.

Mais revenons à l'ASV.
 

Chez les médecins, c'est un autre monde :

 
source : CARMF


33 % pour eux, 14 pour nous. Une fois de plus, c'est une leçon de modestie pour les paramédicaux. La sécu cofinance bien plus la retraite des médecins que la nôtre. 
 
Notre ASV est plus symbolique qu'autre chose : c'est un régime-nain appelé à rabougrir encore plus.
 
Nous n'irions pas pleurer si la Carpimko l'éteignait progressivement. Mais méfiance : les autorités de tutelles seraient capables de continuer à percevoir la cotisation pour financer autre chose. Elles l'ont déjà fait pour la vignette automobile.



En fait, notre véritable avantage conventionnel reste dans l'Urssaf : 0,1 % de cotisation à l'assurance maladie sur les revenus conventionnés, contre 9,7 sur les revenus non conventionnés. Là, on peut parler de niche sociale. Le reste n'est (quasiment) que littérature.

lundi 9 septembre 2024

Couverture sociale des paramédicaux libéraux : 1) le risque Maladie



Quand j'ai ouvert ce blog en 2008, j'ai commencé par un état des lieux de notre protection obligatoire : maladie, maternité, allocations familiales, retraite. L'idée, c'était de commencer par regarder ce qu'on nous forçait à payer ; et quels droits ça nous donnait.

Il est temps de mettre tout ça à jour ! Commençons par la maladie.

Combien paie-t-on ?


Pour s'assurer contre son risque de maladie, l'orthophoniste doit cotiser à l'Urssaf et à la Carpimko. Il y a cinq cotisations obligatoires pour cela. 

La CSG (contribution sociale généralisée)

C'est une invention de Michel Rocard. Son taux était de 1,1 % en 1991. Aujourd'hui, il est de 9,2 % sur [Bénéfice + assurances Madelin + PER + cotisations sociales].

Seulement 6,8 de ces 9,2 % sont déductibles de l'impôt sur le revenu. On paie donc un impôt sur les cotisations sociales déjà payées, sans pouvoir le déduire complètement.. 

Le pire est peut-être à venir : l'un des trois blocs politiques souhaite rendre le taux de CSG progressif, pour mieux décourager le travail que la ponction soit équitable et solidaire. Notez que seule une partie des 9,2 % part à l'Assurance Maladie : 5,95 %. Voir ici pour le reste.

La CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale)

Cette taxe sert plus à payer les soins de vos parents que les vôtres : elle éponge les anciens déficits de la sécu. 

Son taux est de 0,5% de [Bénéfice + assurances Madelin + PER + cotisations sociales].

Initialement, elle était vouée à disparaître en 2024. Mais en France, un impôt est généralement aussi immortel que Connor MacLeod.


La cotisation à l'Assurance Maladie 

On aurait pu penser que cette cotisation aurait été la seule à concerner la maladie, vu son nom. Mais dans un pays où on ne simplifie jamais les choses, c'eût été étonnant. Plus amusant encore : notre principale cotisation n'est pas celle-ci !

Son taux fait le grand écart : il va de 0 à 9,75 % de [Bénéfice + assurances Madelin + PER]. Voir ici pour le détail. 

Dans les faits, une orthophoniste ne paie généralement que 0,1 % : la CPAM règle le reste à sa place sur les revenus conventionnés.

C'est une superbe niche sociale (équivalent des niches fiscales en matière d'Urssaf). Une sorte de compensation du fait que nous acceptions d'avoir des tarifs décrochés de l'inflation. En général, nous prenons conscience de cette niche le jour où nous percevons des revenus non conventionnés : rétrocession d'une collaboratrice libérale, honoraires de formation ou autres prestations extérieures... Ca fait exploser le montant de la cotisation à l'Assurance Maladie.


La cotisation aux indemnités journalières

C'est la petite dernière des 7 cotisations Urssaf. Les syndicats des professions libérales avaient revendiqué son instauration. Voir des représentants de libéraux réclamer de nouvelles charges sociales avait de quoi surprendre, mais c'est passé comme une lettre à la poste. L’État français nous a accordé ce privilège, dans sa grande mansuétude.

Le taux est de 0,3 % de [Bénéfice + assurances Madelin + PER]. C'est peu. Mais comme pour la CSG, on peut s'attendre à ce qu'on nous dise que ce n'est pas assez. Nos représentants ont peut-être mis le doigt dans un engrenage.

Le régime invalidité-décès de la Carpimko

Le R de "Carpimko" signifie"retraite", bien sûr. Mais le P veut dire "prévoyance". Cette année, elle nous prélève 1022 € pour trois risques : l'incapacité de travail, l'invalidité et le décès. 

Chaque année, les augmentations de cette cotisation sont faramineuses parce que ce régime est déficitaire. +18 % en 2024, après +11 en 2023 et +12 en 2022. La Carpimko explique cela par notre vieillissement et par des "changements de comportements".



Quels droits ?

Après la douloureuse, voyons les droits.

Les soins


Grâce au conventionnement, nous bénéficions de la couverture maladie des salariés concernant les soins.

Mieux encore : nous pouvons déduire de notre revenu imposable notre complémentaire santé et notre prévoyance facultative, dans le cadre de la loi Madelin.
 

Incapacité de travail du 4ème au 90ème jour


Elle correspond à 1/730ème du revenu d’activité annuel moyen (RAAM), calculé sur la moyenne des revenus cotisés des trois années civiles précédant la date de l’arrêt de travail. 

Par exemple, si vous avez un RAAM de 30 000 €, vous toucherez 41 €. Attention, on parle de bénéfice : recette - dépenses pro.

Plafond : la moyenne des revenus pris en compte est plafonnée à trois fois le montant du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), soit 3 x 46 368 € bruts en 2024. L'écrasante majorité des auxiliaires médicaux libéraux se trouve sous ce plafond.

Pour bénéficier de ces indemnités, il faut justifier d’au moins 12 mois d’affiliation continue dans votre activité.

Incapacité de travail entre le 91ème jour et la fin de la 3ème année


Là c'est la Carpimko qui gère. En 2024, l'indemnité journalière est de 55,44 € par jour, quel que soit votre revenu.
 
Il y a des majorations possibles, notamment pour enfants à charge. Elles vont fortement baisser en 2025 pour tenter de sauver le régime invalidité-décès sans asphyxier les cotisants. 
 
A partir du premier jour de la 4ème année suivant l’incapacité de travail médicalement reconnue, on bascule dans l'invalidité : 20 160 € bruts par an si l'invalidité est totale.
 
Je vous laisse regarder le détail ici. Vous y trouverez aussi les explications pour faire vos démarches.



En résumé

  • Nous avons la protection de M. Toulemonde en ce qui concerne les soins, en bénéficiant d'une niche sociale enviable.
  • Concernant les indemnités journalières, nous avons intérêt à prendre une prévoyance facultative et/ou à épargner pour avoir la protection de M. Toulemonde.
  • Le régime invalidité décès de la Carpimko ne va pas bien. Donc son coût continuera à augmenter pendant que les prestations se dégraderont. L'argent magique n'existe pas, quoi qu'en disent ceux qui aiment les taxes (enfin surtout les taxes des autres). On peut dire qu'on va tenter de plumer les collègues qui travaillent plus que nous. C'est ce que la Carpimko a annoncé pour la retraite. Mais elle risque de décourager ces cibles faciles ; et donc de créer des armes dissuasives contre le soin de la population, au nom de la solidarité.

vendredi 19 juillet 2024

Le jour de libération fiscale des orthophonistes

Mercredi 17/07/24, c'était le jour de libération fiscale des Français : le 1er jour de l'année où ils travaillaient pour eux, après 7 mois et demi passés à travailler pour les impôts et les charges sociales.


Vous trouverez la méthodologie ici.

L'économiste Milton Friedman proposait même une nouvelle fête nationale  : "Le Jour de l'Indépendance personnelle : le jour de l'année où nous cesserions de travailler pour payer les dépenses du gouvernement et où nous commencerions à payer pour les biens que nous choisissons (individuellement ou à plusieurs) à la lumière de nos besoins et de nos désirs."

Bien entendu, depuis son invention en 1948, ce concept est critiqué par ceux qui aiment les impôts (des autres). Et il ne met pas en regard les services publics offerts par toutes ces taxes.

Il n'en demeure pas moins que ce jour est facile à comparer avec celui des autres pays comparables : 5/07 pour l'Allemagne, 3/07 pour l'Italie, 8/06 pour l'Espagne (voir ici). Il est aussi intéressant de le suivre sur la tendance longue : par exemple, dans la France de 2017, c'était le 31 juillet. Donc la ponction baisse.

Qu'en est-il pour les paramédicaux libéraux ?

Nous payons beaucoup moins de charges sociales que les salariés, en proportion. Alors a priori nous étions déjà libres avant-hier. Peut-être même en juin ? Vérifions !

Prenons les dernières statistiques de l'AGAO concernant les orthophonistes libérales :
  • recette moyenne : 57 115 €
  • charges du cabinet : 17 335 €
  • total avant les ponctions de l'Etat : 39 780 €
Mettons ça dans le simulateur de l'Urssaf :


Sur les 39 780 €, il ne reste que 27 102 € pour soi. Le pays a pris 12 678 €. Pour mieux comparer, il faut encore ajouter 1900 € de TVA, comme pour les salariés. On arrive à 14 578 €, soit 37 %.


En moyenne, nous sommes donc libres le 12 mai.



Deux mois avant les salariés !

Nous avons l'impression de payer énormément de charges sociales et d'impôts parce que nous les voyons sortir de nos comptes bancaires. Les salariés ne les voient que s'ils lisent leur fiche de paie. Simplement, ils ont l'impression qu'ils sont mal payés alors que leur entreprise paie plus de deux fois leur salaire.

Notre bonus de deux mois tient surtout à l'absence de charges sociales patronales, qui sont en fait quand même des cotisations qu'on prend au salarié. Bien entendu, la contrepartie est une protection sociale anémique pour nous : quasiment pas de chômage, IJ ridicules en cas de maladie et de grossesse, retraite en berne (surtout pour les carrières amorcées après 2008), pas de protection contre les maladies professionnelles dans le forfait de base, etc.

Mais ces deux mois de liberté nous permettent de fabriquer notre protection par nous-mêmes par l'épargne, hors des fourches caudines de Papa Etat. En fait les salariés sont surprotégés, donc moins libres. Un peu comme un ado qui n'a jamais le droit de sortir parce que sa mère veut contrôler sa vie. Il ne lui arrive rien, mais sa vie est terne.

A nous le vent du grand large, la responsabilité, l'autoprotection, l'auto-cotisation patronale !


Bon, du calme. C'est quand même le 12 mai, pas le 12 mars.

Il ne reste plus qu'à payer la taxe foncière, la taxe sur les carburants, la taxe de séjour, les taxes écologiques sur l'électricité... Mais les salariés aussi. Et nous ne sommes pas tous propriétaires, ni possesseurs d'un véhicule, ni touristes. Entrer dans ces considérations introduirait trop de paramètres personnels.

lundi 1 juillet 2024

Avis Carpimko : que veulent dire les "points" ?

Dans l'article précédent, je vous ai fait un tuto pour comprendre votre avis de Carpimko. Suite à cela, un collègue m'a demandé :

"La semaine dernière, tu expliquais clairement l'avis d'appel des cotisations de la Carpimko et ça y est, j'ai enfin compris ce drôle de papier que j'imprimais tous les ans et parcourais vaguement depuis quelques années !!

En revanche, je ne comprends toujours pas les "points" qui sont indiqués sur ce même document. Est-ce qu'il te serait possible de faire un petit "point" dessus[...] :) ?"

Effectivement, il y a des indications de points :

Fun fact : elles sont grisées comme si rien n'était sûr.

Je ne vais pas vous faire fumer le cerveau, mais expliquons rapidement les choses.

Déjà, il y a une logique : nous payons 6 cotisations retraite. Chacune nous attribue des points. Plus on travaille, plus on accumule de points, mais c'est plus une courbe logarithmique que linéaire (comme les cotisations).

Le jour où vous prendrez votre retraite, la Carpimko regardera combien de points vous avez cumulé en tout et elle traduira ça en euros bruts. Ensuite elle prélèvera les cotisations sociales pour calculer votre pension nette.

Evidemment, pour faire compliqué, les points de chaque régime n'ont pas le même montant. Prenez votre avis 2024 et multipliez vos points par leur valeur pour savoir combien d'euros vous avez cumulé en un an :
  • Régime de base : 1 point = 0,6399 € cette année. Donc si un retraité a cumulé 10 000 points pendant sa carrière, le régime de base lui verse 10 000 x 0,6399 = 6399 € bruts par an.
  • Régime complémentaire : 1 point = 20,88 €. Donc évidemment, on nous donne beaucoup moins de points que dans le régime de base.
  • ASV : 1 point = 1,47 € s'il a été acquis avant la catastrophe de 2008 (effondrement de ce régime).
Prenons maintenant ligne par ligne :
  • Régime de base, tranche 1 : vous cumulez 525 points à partir de 46 368 euros de revenu (BNC + Madelin + PER). Donc si vous gagnez par exemple la moitié, vous cumulez 525 / 2 = 263 points. Plus ça va, moins vous cumulez de points, à revenu constant. C'est une réforme des retraite annuelle, rampante, incidieuse.
  • Régime de base, tranche 2 : très anecdotique. 25 points maxi pour un revenu de 231 840 € (vous avez bien lu). En fait cette tranche est plus de l'argent perdu qu'autre chose.
  • Régime complémentaire, cotisation forfaitaire (2176 € pour tous) : 8 points.
  • Régime complémentaire, cotisation proportionnelle aux revenus : 22 points maxi, si vous atteignez 203 446 € de revenu.
  • ASV, cotisation forfaitaire (219 € pour tous) : 24,5 points. C'était quasiment le double avant 2008, avec une cotisation trois fois moins chère ! Comment avoir confiance après ça ?
  • ASV, cotisation proportionnelle aux revenus : (Revenu x 0,4%) / (219 x 3) x 24,5.
Je vous mets un tableau sur le groupe des Clés pour transformer les points de vos avis en euros nets et pour projeter ça sur 43 ans. Attention, les points ne sont que des promesses de retraite. Depuis l'effondrement de l'ASV en 2008, puis la crise grecque de 2011, je me dis que tout est possible. Un Etat qui fait n'importe quoi ne peut pas affirmer que ses points de retraites sont solides comme le roc.

vendredi 28 juin 2024

Comprendre son avis Carpimko

 
 
 

"Je n’y comprends rien comme d’habitude, à part que je vais payer plus."

 
Cette phrase d'une collègue m'a marqué cette semaine. Elle évoquait son avis de Carpimko. Alors je me suis dit que j'allais faire un tuto pour traduire cet avis en français courant. Merci à la collègue qui m'a confié son avis 2024 : je n'ai pas le mien parce que je pense remplir ma déclaration ce soir.

Vous pouvez stocker ce tuto pour l'an prochain. Et si vous comprenez déjà tout à votre avis de Carpimko, vous pouvez passer sans hésiter à la section suivante de ce mail.

Commençons par une vue d'ensemble :


On voit qu'il y a 4 régimes :
  • Régime de base : 2 cotisations en haut, 2 cotisations plus bas parce que c'est le seul régime qui pratique des acomptes (ce qu'ils appellent "régime de base provisionnel) et des régularisations, comme à l'Urssaf et avec l'impôt sur le revenu.
  • Régime complémentaire : 2 cotisations.
  • Avantage social vieillesse : idem
  • Régime invalidité décès : 1 seule cotisation, qui a pris +19 % sans coup férir cette année.
Donc 4 régimes, 7 cotisations, 16 lignes.


Trop tard, je continue.
 
C'est parti pour le "ligne par ligne", ou au moins "paragraphe par paragraphe" :


 
Ici la Carpimko estime que la collègue va gagner 40 964 € cette année (bénéfice + assurances Madelin + PER), comme l'an dernier. Le régime de base va lui prendre
8,23 % + 1,87 % de ce revenu, donc 3 371 + 766 €
.


 
Rien à voir avec le régime de base, mais ça fait mal quand même. Pour ce régime, la Carpimko annonce d'abord qu'elle prend 2 176 € à la collègue. C'est le même prix pour tous. Ensuite elle prend 3 % de tout ce qui dépasse 25 246 € dans le revenu 2023.
Pour la collègue : (40964 - 25246) x 3 % = 471 €.



 
Là c'est moins cher. Ce régime est réservé aux revenus conventionnés parce que la sécu y cotise plus que nous. Mais les montants sont si bas que ça aboutit à des clopinettes à 67 ans, contrairement à ce qui se passe à la CARMF pour nos seigneurs et maîtres les médecins. Facture : 219 € pour tous, puis 0,16 % du revenu de 2022 (44 €).



 
Simple, basique : 1 022 € pour tous. Le cap des 1000 € a été irrémédiablement franchi cette année avec la hausse de 19 %.



 
On pourrait s'arrêter là. Mais ce serait trop simple, on risquerait d'avoir compris ! En fait les histoires d'acomptes et de régularisation viennent compliquer les choses.



 
Cette partie n'a rien à voir avec les autres. Elle mériterait d'être encadrée, imprimée en vers, entourée d'espaces, enfin à part. Mais là aussi, ce serait trop facile à lire. Allez je vous mets la suite en rouge.
Ces 5 lignes concernent le régime de base de l'an dernier. Maintenant que la Carpimko connaît le revenu de la collègue, elle constate qu'en fait il manquait 881 €. Elle a plus travaillé en 2023 qu'en 2022, donc on vient lui rechercher 10,1 % du surplus
(8,23 % + 1,87 %).
 



Ici on additionne le total de 2024 (calculé plus haut) avec la régularisation 2023 :
8069 + 881 = 8 950 €. Il manque "s'il vous plaît".



 
Ici, on rappelle à la collègue qu'elle a déjà payé 3 275 € depuis janvier 2024. Donc elle doit encore 8 950 - 3 275 = 5 675 €, qui vont être étalés jusqu'en novembre sur l'échéancier du haut de la page 2.

Ensuite on lui annonce l'échéancier de 2025 qui sera forcément faux :
  • la Carpimko aggravera son barème en janvier ;
  • la collègue ne gagne pas exactement la même chose tous les ans.
Et puis la Carpimko finit en menaçant notre collègue : pénalité si elle paie par chèque, autres pénalités si elle règle en retard. Là on est loin du pays des Bisounours solidaires et bienveillants. Cependant, on ne la menace pas de lui envoyer les huissiers au cas où elle chercherait à résilier (c'est juste évident : on est en France).

Voilà. J'espère ne pas vous avoir endormi(e). Sinon je vous envoie Minouche.
 
 
Je ne vous dirai pas "en fait c'est simple, vous voyez bien". Ce système est le résultat de strates qui sont venues s'ajouter les unes aux autres entre la fin de la guerre et les années 80. Puis chaque chaque décennie a vu au moins une réforme de telle ou telle strate. Aujourd'hui, la Carpimko n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était quand elle m'a embrigadé (en 1992).

On se retrouve avec une usine à gaz, comme à l'Urssaf et avec l'impôt sur le revenu. Je n'ai pas mis mon nez là-dedans par masochisme, mais dans l'état d'esprit de celui qui attaque un Sudoku. A la base je voulais comprendre pour coder mon appli Carpimko pour iPhone et Android (qui n'est plus mise à jour parce que des simulateurs officiels existent).


Pourquoi s'embêter avec ça ?


Question judicieuse, je me remercie de l'avoir posée (quel melon hein) : après tout, il faut payer, on n'a aucun levier contre ça. Alors pourquoi dépenser de l'énergie mentale pour chercher à comprendre ?

Déjà, je détesterais qu'on me prenne l'équivalent d'une Dacia Sandero par an sans que je sache pourquoi.


Je veux bien offrir cette merveilleuse voiture roumaine à nos anciens, mais en comprenant la mécanique, ne serait-ce que pour savoir combien on va me ponctionner si je travaille plus ou si je réduis mon activité.

Pour bien piloter sa barque, il faut aussi savoir à quel moment tombera la sanction si on décide de soigner plus de gens ou de fabriquer des revenus pro annexes. Comme on l'a vu, les quatre régimes ne se comportent pas de la même manière sur ce plan. Le plus dangereux est le régime de base, piloté par la Cnavpl dont la Carpimko est membre. Notez en passant que c'est ce régime qui finance les vieux notaires, entre autres métiers à la pyramide des âges dégradée.

Restent trois questions :
  • Est-ce que ça augmentera même si je gagne exactement la même chose que l'an dernier ? 👉 Oui, parce que les cotisations indépendantes des revenus augmentent chaque année de manière démentielle et parce qu'une grosse du régime complémentaire a été annoncée. Il faut bien financer les nouvelles dépenses que la Carpimko a mises en place cette année.
  • Faut-il faire confiance aux camarades syndicalistes qui cogèrent la Carpimko ? 👉 Oui, si on a les mêmes opinions pro-retraite par répartition qu'elles. Pour les connaître, je vous renvoie à la newsletter de jeudi dernier.
  • Que peut-on faire si on n'a pas les mêmes opinions qu'elles ? 👉 Pas grand-chose : on ne peut pas faire changer d'avis des militants. S'ils militent, c'est parce qu'ils sont sûrs d'être dans la vrai. Et quand en plus il y ajoutent des arguments moralisateurs, vous savez que c'est fichu d'avance. S'ajoute à cela le rôle des autorités de tutelles qui pensent la même chose.
Il ne nous reste que la compréhension du système, le droit de vote et l'auto-assurance. La Carpimko ne rafle pas encore toutes nos capacités d'épargne, même si elle tend à le faire. La réforme Delevoye, qui allait transformer les caisses de retraite des indépendants en Gargantua, est morte du Covid. C'était tout ce qu'elle méritait.


On peut donc encore forger un second pilier, comme disent les Suisses. C'est pour ça que je parle inlassablement du vaste éventail de solutions (immo, prévoyance, livrets, assurance vie, PEA, défiscalisation...) depuis l'ouverture de mon blog en 2008. Il faut aussi comprendre ce système-là quand on se défie du système des collègues bienveillantes qui veulent faire notre bien à notre place. Mais qui font surtout le bien des retraités actuels qui ont moins cotisé que nous.

 

lundi 15 avril 2024

Combien gagne une orthophoniste libérale ? Mise à jour


Estimer le revenu d'une profession n'est pas chose simple quand on n'a pas accès aux chiffres nationaux du fisc. Mais on peut quand même tenter d'approcher la réponse à quelques questions, ne serait-ce que pour renseigner les jeunes qui envisagent ce métier :

  • Quelle est notre recette moyenne (le chiffre d'affaire : honoraires + primes) ?
  • Quel est notre revenu (le bénéfice : recette - dépenses pro) ?
  • Est-ce qu'on a enfin digéré 2020, annus horribilis ?
  • Sommes-nous très groupés autour des chiffres moyens, ou très répartis ?
  • Quel est le temps de travail moyen ? 
  • Sommes-nous mieux lotis que les autres paramédicaux conventionnés ?

Les données les plus fouillées ont toujours été celles de la FNAGA relayées par l'AGAO, l'association de gestion la plus utilisée par les orthophonistes. Les dernières concernent 2021: on n'a pas encore 2022 (et encore moins 2023 qui n'a pas encore été déclarée)

La FNO vient de publier des chiffres sur 2022, mais ils proviennent de la base de données de "l'Assurance maladie SNDS". Or l'Assurance maladie ne connaît pas nos revenus issus des centres qui nous paient directement (IME, SESSAD, CMPP et certains EHPAD). La double prise en charge reste décidément une plaie : elle va jusqu'à fausser les statistiques.

Voici donc les derniers chiffres communiqués par l'AGAO et la FNAGA pour les orthophonistes (merci à Florence de me les avoir transmis) :

 

Petit bémol : ces données incluent les orthophonistes en exercice mixte (libéral + salarié), qui font forcément baisser les moyennes puisque leur salaire n'est par inclus dans le tableau. La FNO nous dit qu'ils sont 9 % des orthophonistes libéraux (cf l'Orthophoniste n°437, p.10). Les 91 % restants ont donc une moyenne plus haute, mais on ne la connaît pas.

Est-ce que la baisse de 2020 est oubliée ?

Quasiment. Voici le tableau de 2019 :

 

Comme vous le voyez, les chiffres de 2021 s'approchent de ceux de 2019.

Mieux : il est fort probable que nos recettes aient dépassé celles de 2019 sur la période récente grâce aux revalorisations de tarifs négociées par la FNO dans les avenants 19 et 20


Sommes-nous une profession homogène ?

Pas du tout.


 L'AGAO nous répartit en quatre tranches :


En luttant contre les dépenses pro (cf cet article) et en optimisant son lieu d'installation, il reste possible d'atteindre un revenu net de 60 000 € par an, soit 5 000 € par mois. Certains membres de la tranche 4 le font. C'est quand même très appréciable en France pour un bac +3 à 5.

Ça représente combien d'heures de travail par semaine ?

Regardons déjà combien d'actes hebdomadaires cela représente.

Les relevés d'activité de la sécu nous disent que nous tournons autour de 1 AMO 13 par acte, soit 33,80 € en métropole. Voici ce que ça donne avec 46 semaines de travail (5 semaines de vacances + quelques jours fériés hors vacances) :

La FNO dit qu'en 2022, nous avons tourné à 35 actes moyens par semaine (mais elle pense que nous prenons dix semaines de vacances). Elle donne aussi le nombre d'actes moyen de chaque mois de l'année. On y voit le gros impact des vacances scolaires sur notre activité.

 

35 actes de 30 minutes, ça fait un mi-temps en fait ?

La FNO dit que nous travaillons moins que les autres paramédicaux, mais elle ne va pas jusqu'à écrire que nous sommes à mi-temps. Ce serait royal, avec les deux mois et demi de vacances qu'elle nous prête.

Elle affirme que nous avons dix heures de travail non rémunéré par semaine. Il y a effectivement de quoi faire :

  • préparation des séances
  • contacts avec les autres intervenants
  • rédaction de comptes rendus et de notes d'évolution
  • comptabilité
  • paperasse : sécu, facturation des centres qui paient directement, gestion des impayés...
  • entretien du cabinet.


N'oublions pas non plus que les actes les mieux payés durent plus de 30 minutes, qu'il s'agisse des séances de neurologie (45 minutes sauf si le patient s'avère trop fatigable) ou des bilans.

En résumé : on ne connaît pas notre temps de travail moyen. Personnellement, j'ai culminé à 53 heures par semaine quand j'avais 90 à 95 actes prévus par semaine. Ca donne un ordre d'idée, mais c'est juste un exemple.

Comment nous situons-nous par rapport aux autres paramédicaux conventionnés ?

Dans son dernier bulletin, la Carpimko nous explique que nous sommes avant-derniers à présent, en matière de bénéfice : les orthoptistes nous ont dépassés.

Vous remarquerez que notre BNC 2021 ne coïncide pas parfaitement avec celui de l'AGAO
cité plus haut, mais qu'il en est assez proche.
 

Conclusion joyeuse

Bien sûr, tout irait mieux si nos tarifs avaient suivi l'inflation. Dans les années 70, ils augmentaient une ou deux fois pas an pour suivre l'inflation. Mais ils ont commencé à geler en 1983 avec le tournant de la rigueur du président Mitterrand. L'inflation a pu caracoler en tête, malgré quelques soubresauts de plus en plus espacés.

Il faut donc recevoir de plus en plus de patients pour maintenir un revenu constant. Cela peut pousser certains collègues vers le burn-out.

Ce n'est même pas une question de politique politicienne : tous les gouvernements nous ont laissés décrocher depuis 1983. La baisse du pouvoir d'achat, aggravée par l'appétit gargantuesque de la Carpimko, fait maintenant partie de notre identité professionnelle collective. Il en est de même pour les salaires de début de carrière des fonctionnaires... mais ensuite ils ont de l'avancement.


CELA DIT

Nous avons de beaux restes, après quarante ans de déclin :

  • un bénéfice moyen supérieur au revenu médian du pays
  • un revenu confortable dès le début de carrière, sans forcément avoir besoin de se tuer au travail
  • la possibilité de pousser vers les 5000 € par mois : aucun quota (nombre d'actes maximal) n'a été imposé par la sécu, même si c'était dans l'air dans les années 90 ; ce fut une grande victoire syndicale.
  • le libre choix de nos méthodes et de notre organisation.

Pourvu que ça dure ! Et merci à la FNO d'appuyer sur la pédale de frein depuis quarante ans pour ralentir notre décrochage de l'inflation.