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jeudi 20 août 2026

Newsletter du 20/08/26 : les sujets pratico-pratiques de la semaine

Voici la liste des sujets pratiques de votre newsletter sur l’actu orthophonique et paramédicale. Pour la recevoir chaque jeudi matin et rejoindre les 9 500 abonnés, cliquez ici.

Quel délai respecter pour remettre un compte rendu de bilan aux parents ?

Transfert de cabinet : dans quel ordre effectuer les démarches auprès de l’INPI, d’eRPPS et de la CPAM ?

La facturation électronique suscite des interrogations sur la sécurité des données.

Une orthophoniste peut-elle exercer dans des locaux partagés avec des professionnels médicaux ou paramédicaux non conventionnés ?

Accès à la terrasse, stationnement, place PMR et gestion des déchets : comment répondre aux reproches du syndic et des voisins du cabinet ?

Climatisation du cabinet : vaut-il mieux l’acheter à titre privé avec une TVA réduite ou l’amortir professionnellement ?

Une orthophoniste néodiplômée cherche à identifier les tests indispensables à commander pour débuter son activité.

Comment distinguer une véritable ordonnance d’un simple courrier d’adressage pour un bilan orthophonique ?

Dans quelles situations la majoration de 20 € peut-elle être appliquée aux bilans orthophoniques ?

Quelles démarches et quels documents prévoir pour obtenir une dérogation à la convention avec un IME qui règle régulièrement les séances de manière incorrecte ?

Une commande de matériel supérieure à 1 000 € doit-elle être comptabilisée comme une immobilisation, et que change le seuil de 500 € HT ?

Création d’une SCI : où trouver des modèles de statuts adaptés à l’achat d’un local professionnel sans passer nécessairement par un notaire ?

Quelle cotation utiliser pour les troubles de la parole ou du langage après six ans lorsqu’il ne s’agit pas d’un trouble développemental sévère ?

Un générateur interactif aide à conduire une anamnèse anonymisée, analyser les résultats et rédiger plus rapidement un compte rendu de bilan orthophonique.

Comment fonctionne le dispositif PRADO proposé par la CPAM pour la prise en charge orthophonique d’un patient après un AVC ?

Le site « Conduit vocal en action » étant devenu inaccessible, quelles solutions permettent encore de visualiser l’articulation des phonèmes ?

L’arrêt annoncé des serveurs Moovbox d’Orthomax impose d’organiser rapidement une sauvegarde manuelle sur un NAS ou une clé USB.

Une nouvelle utilisatrice de Soins 2000 cherche la procédure permettant de facturer des soins en mode dégradé.

lundi 28 octobre 2024

Combien gagne un orthophoniste libéral ? Version de 2024


Le Covid a porté un bon coup de canif aux revenus des orthophonistes libéraux : plongeon en 2020 malgré l'autorisation express de la téléorthophonie, rebond en 2021, puis vague Omicron en 2022. Mais où en sommes-nous à présent ? Quel revenu ? Pour quel temps de travail ?

L'AGAO, principale association de gestion des orthophonistes, nous l'annonce gaillardement : en 2023, nous avons retrouvé le niveau des années 2010 ! Le trou d'air est enfin surmonté, malgré les dérives de la Carpimko qui n'a cessé de nous mettre de nouveaux boulets aux pieds. Je ne détaillerai pas ça ici, mais on sait que les quatre régimes de notre caisse équitable et solidaire s'en prennent aux actifs sans considérer l'inflation (et encore moins nos tarifs anémiques).

L'an dernier nous avons gagné 32 920 € en moyenne, soit 2743 € par mois. C'est notre revenu, notre bénéfice. L'équivalent d'un salaire net.

En parlant de salariat

Il est intéressant de comparer nos 2743 € avec le salaire moyen français.

L'Insee vient de publier le salaire moyen du privé pour 2023 : 2735 € nets, avant impôt. Nous sommes donc des gens très moyens !


Bon, il nous manque notre revenu médian. C'est toujours plus instructif : si vous prenez la médiane au lieu de la moyenne, cela signifie que la moitié des gens gagne plus, et l'autre gagne moins. Le revenu moyen, lui, est trop tiré vers le haut par les très hauts revenus qui ne concernent pas grand-monde.

Le salaire net médian du privé est à 2183 € en équivalent  temps plein. Le SMIC progresse plus vite. Il est à 63 % du salaire médian.
 

Si vous trouvez ces 2743 € assez bas pour un bac +5

Rassurez-vous :
  • ça inclut les collègues en exercice mixte (salariat + libéral) ;
  • et aussi celles qui prennent un congé maternité, ce qui n'est pas rare dans un métier où les hommes sont plus des erreurs statistiques qu'autre chose.

 

Quel temps de travail pour gagner ça ?

Les diverses statistiques officielles françaises disent que pour gagner leurs 2735 € moyens, les salariés travaillent 36 à 38 heures par semaine en moyenne, en équivalent temps plein (voir ici). Ils sont donc un peu au-dessus des fameuses 35 heures. Rappelons en passant qu'ils peuvent avoir des heures supplémentaires défiscalisées (voir ici).

Et nous ?



C'est une véritable enquête à mener. Un défi intéressant, vous allez voir !

Commençons par regarder  si on peut estimer le temps de travail en présence du patient.

L'Assurance Maladie nous surveille de près depuis plus de vingt ans. Elle pratique un "suivi individuel" de notre activité et elle nous tient au courant des moyennes régionales, pour que nous sachions si nous sommes déviants et si nous risquons un contrôle.

Les moyennes diffèrent peu d'une région à l'autre. Nous les avons comparées sur le groupe Facebook des Clés de la Réussite il y a quelque temps pour nous en assurer. Prenons donc les dernières moyennes normandes, au hasard...


En 2023, les orthophonistes normandes ont pratiqué 1675 actes en moyenne. La grande majorité étaient des séances de 30 minutes, mais ça comprend aussi les bilans et les séances de 45 minutes : neurologie et surdité.

Déjà, avec cet obstacle, on peut dire qu'on est bloqué. Mais ne baissons pas les bras si facilement. Tentons de nous approcher de la vérité.

L'Orthophoniste n°416 (p.12) nous apprend que les séances de neurologie représentent 23 % de notre activité. Celles de surdité (AMO 15,4 à 45 minutes minimum) sont malheureusement assimilées avec tous les handicaps (AMO 13,8 à 30 minutes minimum). Les deux font 8% de notre activité, ensemble. Deuxième obstacle. 

On peut quand même penser que l'impact des séances de surdité équivaut à celui de la tolérance sur les séances de neurologie qui peuvent descendre à 30 minutes si le patient est fatigable. Alors restons à 23 %.

Le bilan, maintenant : 7,5 % de notre activité. Estimons-le à deux heures.

Résultat : 

Séances de 45 minutes : 1675 actes x 23 % x 3/4h = 289 heures sur l'année
Bilans : 1675 actes x 7,5 % x 2h = 251 heures
Séances de 30 minutes : 1675 actes x (1-23%-7,5%) x 1/2h = 582 heures
Total annuel : 1122 heures en présence des patients.

Si on prend 6 semaines de congés (5 semaine + quelques jours fériés), on arrive à 24 heures par semaine.
Si on monte à 8 semaines de congés (ce qui est royal) : 26 heures par semaine.

24 heures par semaine pour gagner 2743 € par mois, c'est excellent !


Oui. Mais non.


Le travail gratuit ne manque pas dans notre métier : comptabilité + préparations + cotations + rédaction + coups de fil + mails + "petits courriers" + rejets + formation + repas avec des collègues + réunionite pour garder le FAMI, j'en passe et des meilleures…

Selon une étude de la FNO réalisée par Joy Rainaud en 2021, basée sur les réponses de 6635 orthophonistes, le temps administratif est en moyenne de dix heures par semaine pour les orthophonistes.

Il faudrait retrouver la méthodologie de cette étude pour savoir si des orthophonistes sans problème de temps ont répondu à l'enquête. Mais si on admet ces dix heures comme le fait la FNO, on arrive à 34 h par semaine pour gagner 2743 € par mois.

Ca reste correct : on n'est pas si loin des 35h. On peut penser que dans les faits, cela oscille entre 30 et 40 à cause des vacances scolaires et des épidémies.

Et surtout, on peut faire mieux

Le temps administratif gratuit peut être compressé et redevenir du temps de soin, ou du temps libre. L'intelligence artificielle peut par exemple nous aider à accélérer la rédaction de comptes rendus (voir ici) et la préparation des séances (voir ici).

Le temps de soin, lui, est difficilement compressible. Des  pistes existent, mais elles butent sur la déontologie. Quelques exemples :

  • Ne plus prendre en charge les AMO 15.
  • Passer tous les AMO 15,6 et 15,7 à trente minutes en profitant du flou de la nomenclature : "45 minutes ne pouvant être inférieures à 30.
  • Refuser tous les domiciles.
  • Faire des bilans courts.
  • Utiliser les premières séances pour finir les bilans, en profitant de la disparition de la demande d'accord préalable sur la première série de séances.


On peut aussi imiter les kinés qui pratiquent le dépassement d'honoraires illégal. Mais… c'est illégal.

Consacrons-nous donc en priorité sur l'optimisation du temps de travail gratuit ! Les groupes Facebook orthophoniques fourmillent d'idées là-dessus. Instagram aussi (ex : Paksaafaire, Kathleen Care Pro, Extra Ortho).

Quid de l'avenir ?

A priori les chiffres de 2024 montreront que l'avenant 20 a encore renforcé notre position, au moment où l'inflation revient entre 1 et 2 % par an. C'est un moment rare, parce qu'on voit mal pourquoi nous serions augmentés dans les années qui viennent.
 
Pendant ce temps, la Carpimko continuera à serrer son étau sur nous. La réforme du régime complémentaire qu'elle a annoncée risque de décourager le soin, en nous incitant à en faire le moins possible.

Plus que jamais, l'optimisation (légale et déontologique) sera nécessaire ! D'autant qu'il ne faut pas oublier un point capital : nous avons un revenu net similaire à celui des salariés, mais si nous voulons avoir la même protection sociale que la leur, nous devons épargner davantage.

jeudi 18 juillet 2024

Newsletter du 18/07/24 : les sujets pratico-pratiques de la semaine


Voici la liste des sujets pratiques de la newsletter de cette semaine. Pour la recevoir chaque jeudi matin, cliquez ici.

Comment passer à la gestion des notes de séances sans papier ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8025895180766337/
Il y a des gens douteux qui nous appellent pour savoir si "nous sommes à jour de [notre] EBP" :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8028521777170344/
Un livret sur le syndrome de Williams-Beuren, merci beaucoup à Angélique Quémener :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8026029390752916/
Un autre sur la phagophobie et l'orthophonie, merci à Mathilde Chateau !
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8010441182311737/
Prêt auto pro : quels sont les taux actuels ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8037441329611722/
Fonds structurés : 3 pièges à éviter
https://www.lesechos.fr/patrimoine/placement/fonds-structures-3-pieges-a-eviter-1152310
Quelle cotation pour TDA + dyspraxie + trouble du langage oral et du langage écrit ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8037229099632945/
Quelle cotation pour du langage oral à 2 ans et demi ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8037163366306185/
Orthophonie sans internet fixe : combien de Go faut-il sur le forfait du portable ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8034293596593162/
Achat pro à 650 € : peut-on déduire d'un coup 600 et amortir 50 ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8033584526664069/
Activité secondaire : SASU vs BNC
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8033547416667780/
Une titulaire peut-elle avoir deux ou trois collaboratrices libérales ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8032951973393991/
Mssanté : comment ajouter une pièce jointe ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8032893786733143/
La sécu va faire passer les orthophonistes et les orthoptistes au RPPS :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8032858753403313/
Faut-il vraiment attester qu'on refuse de suivre un patient pour qu'une collègue plus éloignée ait le droit de le suivre ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8032526336769888/
Peut-on faire un état des lieux de sortie quand on n'a pas fait ça à l'entrée ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8031614846861037/
Soins 2000 = 429 € la 1ère année, puis 229 :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8026955793993609/
Un médecin retraité peut encore prescrire :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8026037350752120/
Sophie nous confie généreusement un super-topo sur la cessation d'activité :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8014727988549723/
Zones FRR (paradis fiscaux à la campagne) : ouverts à ceux qui travaillaient déjà ailleurs ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8013702508652271/
Des avis sur Anael :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8009953612360494/
Comment calculer le montant des nouvelles IJ des CPAM ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/8004414646247724/
 

jeudi 11 juillet 2024

Newsletter du 11/07/24 : les sujets pratico-pratiques de la semaine


 

Voici la liste des sujets pratiques de la newsletter de cette semaine. Pour la recevoir chaque jeudi matin, cliquez ici.

Les affiches obligatoires pour le cabinet :
https://www.fno.fr/actualites/affichage-dans-le-cabinet/
Le lien pour vous faire subventionner lors de votre installation :
https://www.ameli.fr/le-havre/orthophoniste/textes-reference/convention/contrat-incitatif
Viamédis débloque en disant «  montant AMC erroné » et en ne payant pas :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7968262333196289/
Une série de vidéos de la Salpêtrière sur les paralysies faciales périphériques :
https://youtu.be/KHyB5oALNjQ?si=sQjNmGM3DDjkqo_V
Les URPS nous aident à recevoir des patients qui ne parlent pas français :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7986281568061032/
La Carpimko change de banque :
https://www.carpimko.com/actualites/changement-de-banque
Evaluation des pratiques professionnelles (EPP) : vraiment obligatoire ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7993773553978500/
Une démo du nouvel Orthomax qui est tout en ligne :
https://www.youtube.com/watch?v=5liH49msjNc
Comment fournir un relevé de carrière quand on n'a jamais été salarié ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7994816530540869/
Deux demandes de bilan pour le même patient = 2 ordonnances ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7987520171270505/
Comment facturer 2 ou 3 bilans orthophoniques initiaux en même temps ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7994695697219619/
Mutuelle et prévoyance chez le même assureur, bonne ou mauvaise idée ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7993378367351352/
Faut-il donner sa 2035 à sa prévoyance ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7986232498065939/
Collaboration + grossesse : qui signe avec la remplaçante ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7986137654742090/
Est-il pénalisant (côté Carpimko/ URSSAF) de s'installer au dernier trimestre 2024 plutôt qu'en janvier 2025 ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7982972621725260/
Que penser des comptes à terme ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7975539485801907/
Compta : où passer un virement d'une CPTS ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7970433066312549/
Compta toujours : où déduire les 100 € du CPF ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7959368527419003/
Aide à l'installation : faisons-nous ce que nous voulons de cet argent ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7969881446367711/
Il est encore temps d'acheter des chèques vacances :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7969813353041187/
Mais est-ce que ça vaut le coup ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7968510233171499/
Indice des baux pro : ILC, ICC, ILAT ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7968032586552597/
Patient qui détruit notre ordinateur : bon courage !
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7965677883454734/
Enfant de 3 ans sans langage : quel bilan ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7964037510285438/
AGA résiliée = contrôle fiscal qui nous pend au nez ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7963383990350790/
Formation certifiante LSVT : séances en AMO 15,6 même si ça dure 1h.
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7963206723701850/
Devons-nous avoir une trousse de secours ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7962456967110159/

mercredi 3 juillet 2024

Newsletter du 4/07/24 : les sujets pratico-pratiques de la semaine

 


Voici la liste des sujets pratiques de la newsletter de cette semaine. Pour la recevoir chaque jeudi matin, cliquez ici.

12 bons plans ortho :
https://www.instagram.com/p/C87MgT0uvv2/
Loi Pinel : aubaine ou arnaque ?
https://finance-heros.fr/avis-pinel/
La Carpimko tend à détruire l'exercice mixte en faisant exploser ses cotisations tous les ans :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7946729665349556/
Il ne faut pas facturer la sécu (hors tiers-payant) si le patient n'a pas réglé la partie mutuelle :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7940805499275306/
Remplacement : comment comprendre ce que la titulaire reverse ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7957162587639597/
La BNP prend une "commission factures" de 99 € par an :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7955526974469825/
Les normes d'accessibilité restent paralysantes :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7954471301242059/
Déménagement du cabinet dans la même ville : il faut passer par l'horrible INPI.
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7954219781267211/
Peut-on discuter avec les enseignants ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7953804811308708/
Est-il essentiel d'avoir deux ordinateurs différents pour un cabinet d'orthophonie ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7952317428124113/
Voiture déduite aux frais réels : comment ça marche ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7951779691511220/
Grossesse pathologique : à quoi a-t-on le droit si on s’arrête 1,5 mois plus tôt que prévu ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7951741631515026/
Double prise en charge : encore un Sessad borderline !
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7947930218562834/
Loi Pinel : aubaine ou arnaque ?
https://finance-heros.fr/avis-pinel/
INPI : quand s'inscrire, pour pouvoir ouvrir un compte pro ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7946477555374767/
Comment faire "travailler" sa trésorerie ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7938495806172942/
Démarche ARS - Adeli : où se trouve notre n° de diplôme ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7937080889647767/
Comment fonctionne la facturation des bénéficiaires de la fameuse AME ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7937005929655263/
Des conseils sur les PC hybrides :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7935699439785912/
Est-ce qu'un emprunt pro impacte le taux d'endettement perso ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7929203840435472/
Convention 66 : y a-t-il un bonus pour enfants à charge ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7927080880647768/
Un post sur l'assurance du cabinet :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7925206354168554/
Coqueluche dans une fratrie : faut-il recevoir les autres enfants ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7924214227601100/

lundi 1 juillet 2024

Avis Carpimko : que veulent dire les "points" ?

Dans l'article précédent, je vous ai fait un tuto pour comprendre votre avis de Carpimko. Suite à cela, un collègue m'a demandé :

"La semaine dernière, tu expliquais clairement l'avis d'appel des cotisations de la Carpimko et ça y est, j'ai enfin compris ce drôle de papier que j'imprimais tous les ans et parcourais vaguement depuis quelques années !!

En revanche, je ne comprends toujours pas les "points" qui sont indiqués sur ce même document. Est-ce qu'il te serait possible de faire un petit "point" dessus[...] :) ?"

Effectivement, il y a des indications de points :

Fun fact : elles sont grisées comme si rien n'était sûr.

Je ne vais pas vous faire fumer le cerveau, mais expliquons rapidement les choses.

Déjà, il y a une logique : nous payons 6 cotisations retraite. Chacune nous attribue des points. Plus on travaille, plus on accumule de points, mais c'est plus une courbe logarithmique que linéaire (comme les cotisations).

Le jour où vous prendrez votre retraite, la Carpimko regardera combien de points vous avez cumulé en tout et elle traduira ça en euros bruts. Ensuite elle prélèvera les cotisations sociales pour calculer votre pension nette.

Evidemment, pour faire compliqué, les points de chaque régime n'ont pas le même montant. Prenez votre avis 2024 et multipliez vos points par leur valeur pour savoir combien d'euros vous avez cumulé en un an :
  • Régime de base : 1 point = 0,6399 € cette année. Donc si un retraité a cumulé 10 000 points pendant sa carrière, le régime de base lui verse 10 000 x 0,6399 = 6399 € bruts par an.
  • Régime complémentaire : 1 point = 20,88 €. Donc évidemment, on nous donne beaucoup moins de points que dans le régime de base.
  • ASV : 1 point = 1,47 € s'il a été acquis avant la catastrophe de 2008 (effondrement de ce régime).
Prenons maintenant ligne par ligne :
  • Régime de base, tranche 1 : vous cumulez 525 points à partir de 46 368 euros de revenu (BNC + Madelin + PER). Donc si vous gagnez par exemple la moitié, vous cumulez 525 / 2 = 263 points. Plus ça va, moins vous cumulez de points, à revenu constant. C'est une réforme des retraite annuelle, rampante, incidieuse.
  • Régime de base, tranche 2 : très anecdotique. 25 points maxi pour un revenu de 231 840 € (vous avez bien lu). En fait cette tranche est plus de l'argent perdu qu'autre chose.
  • Régime complémentaire, cotisation forfaitaire (2176 € pour tous) : 8 points.
  • Régime complémentaire, cotisation proportionnelle aux revenus : 22 points maxi, si vous atteignez 203 446 € de revenu.
  • ASV, cotisation forfaitaire (219 € pour tous) : 24,5 points. C'était quasiment le double avant 2008, avec une cotisation trois fois moins chère ! Comment avoir confiance après ça ?
  • ASV, cotisation proportionnelle aux revenus : (Revenu x 0,4%) / (219 x 3) x 24,5.
Je vous mets un tableau sur le groupe des Clés pour transformer les points de vos avis en euros nets et pour projeter ça sur 43 ans. Attention, les points ne sont que des promesses de retraite. Depuis l'effondrement de l'ASV en 2008, puis la crise grecque de 2011, je me dis que tout est possible. Un Etat qui fait n'importe quoi ne peut pas affirmer que ses points de retraites sont solides comme le roc.

vendredi 28 juin 2024

Comprendre son avis Carpimko

 
 
 

"Je n’y comprends rien comme d’habitude, à part que je vais payer plus."

 
Cette phrase d'une collègue m'a marqué cette semaine. Elle évoquait son avis de Carpimko. Alors je me suis dit que j'allais faire un tuto pour traduire cet avis en français courant. Merci à la collègue qui m'a confié son avis 2024 : je n'ai pas le mien parce que je pense remplir ma déclaration ce soir.

Vous pouvez stocker ce tuto pour l'an prochain. Et si vous comprenez déjà tout à votre avis de Carpimko, vous pouvez passer sans hésiter à la section suivante de ce mail.

Commençons par une vue d'ensemble :


On voit qu'il y a 4 régimes :
  • Régime de base : 2 cotisations en haut, 2 cotisations plus bas parce que c'est le seul régime qui pratique des acomptes (ce qu'ils appellent "régime de base provisionnel) et des régularisations, comme à l'Urssaf et avec l'impôt sur le revenu.
  • Régime complémentaire : 2 cotisations.
  • Avantage social vieillesse : idem
  • Régime invalidité décès : 1 seule cotisation, qui a pris +19 % sans coup férir cette année.
Donc 4 régimes, 7 cotisations, 16 lignes.


Trop tard, je continue.
 
C'est parti pour le "ligne par ligne", ou au moins "paragraphe par paragraphe" :


 
Ici la Carpimko estime que la collègue va gagner 40 964 € cette année (bénéfice + assurances Madelin + PER), comme l'an dernier. Le régime de base va lui prendre
8,23 % + 1,87 % de ce revenu, donc 3 371 + 766 €
.


 
Rien à voir avec le régime de base, mais ça fait mal quand même. Pour ce régime, la Carpimko annonce d'abord qu'elle prend 2 176 € à la collègue. C'est le même prix pour tous. Ensuite elle prend 3 % de tout ce qui dépasse 25 246 € dans le revenu 2023.
Pour la collègue : (40964 - 25246) x 3 % = 471 €.



 
Là c'est moins cher. Ce régime est réservé aux revenus conventionnés parce que la sécu y cotise plus que nous. Mais les montants sont si bas que ça aboutit à des clopinettes à 67 ans, contrairement à ce qui se passe à la CARMF pour nos seigneurs et maîtres les médecins. Facture : 219 € pour tous, puis 0,16 % du revenu de 2022 (44 €).



 
Simple, basique : 1 022 € pour tous. Le cap des 1000 € a été irrémédiablement franchi cette année avec la hausse de 19 %.



 
On pourrait s'arrêter là. Mais ce serait trop simple, on risquerait d'avoir compris ! En fait les histoires d'acomptes et de régularisation viennent compliquer les choses.



 
Cette partie n'a rien à voir avec les autres. Elle mériterait d'être encadrée, imprimée en vers, entourée d'espaces, enfin à part. Mais là aussi, ce serait trop facile à lire. Allez je vous mets la suite en rouge.
Ces 5 lignes concernent le régime de base de l'an dernier. Maintenant que la Carpimko connaît le revenu de la collègue, elle constate qu'en fait il manquait 881 €. Elle a plus travaillé en 2023 qu'en 2022, donc on vient lui rechercher 10,1 % du surplus
(8,23 % + 1,87 %).
 



Ici on additionne le total de 2024 (calculé plus haut) avec la régularisation 2023 :
8069 + 881 = 8 950 €. Il manque "s'il vous plaît".



 
Ici, on rappelle à la collègue qu'elle a déjà payé 3 275 € depuis janvier 2024. Donc elle doit encore 8 950 - 3 275 = 5 675 €, qui vont être étalés jusqu'en novembre sur l'échéancier du haut de la page 2.

Ensuite on lui annonce l'échéancier de 2025 qui sera forcément faux :
  • la Carpimko aggravera son barème en janvier ;
  • la collègue ne gagne pas exactement la même chose tous les ans.
Et puis la Carpimko finit en menaçant notre collègue : pénalité si elle paie par chèque, autres pénalités si elle règle en retard. Là on est loin du pays des Bisounours solidaires et bienveillants. Cependant, on ne la menace pas de lui envoyer les huissiers au cas où elle chercherait à résilier (c'est juste évident : on est en France).

Voilà. J'espère ne pas vous avoir endormi(e). Sinon je vous envoie Minouche.
 
 
Je ne vous dirai pas "en fait c'est simple, vous voyez bien". Ce système est le résultat de strates qui sont venues s'ajouter les unes aux autres entre la fin de la guerre et les années 80. Puis chaque chaque décennie a vu au moins une réforme de telle ou telle strate. Aujourd'hui, la Carpimko n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était quand elle m'a embrigadé (en 1992).

On se retrouve avec une usine à gaz, comme à l'Urssaf et avec l'impôt sur le revenu. Je n'ai pas mis mon nez là-dedans par masochisme, mais dans l'état d'esprit de celui qui attaque un Sudoku. A la base je voulais comprendre pour coder mon appli Carpimko pour iPhone et Android (qui n'est plus mise à jour parce que des simulateurs officiels existent).


Pourquoi s'embêter avec ça ?


Question judicieuse, je me remercie de l'avoir posée (quel melon hein) : après tout, il faut payer, on n'a aucun levier contre ça. Alors pourquoi dépenser de l'énergie mentale pour chercher à comprendre ?

Déjà, je détesterais qu'on me prenne l'équivalent d'une Dacia Sandero par an sans que je sache pourquoi.


Je veux bien offrir cette merveilleuse voiture roumaine à nos anciens, mais en comprenant la mécanique, ne serait-ce que pour savoir combien on va me ponctionner si je travaille plus ou si je réduis mon activité.

Pour bien piloter sa barque, il faut aussi savoir à quel moment tombera la sanction si on décide de soigner plus de gens ou de fabriquer des revenus pro annexes. Comme on l'a vu, les quatre régimes ne se comportent pas de la même manière sur ce plan. Le plus dangereux est le régime de base, piloté par la Cnavpl dont la Carpimko est membre. Notez en passant que c'est ce régime qui finance les vieux notaires, entre autres métiers à la pyramide des âges dégradée.

Restent trois questions :
  • Est-ce que ça augmentera même si je gagne exactement la même chose que l'an dernier ? 👉 Oui, parce que les cotisations indépendantes des revenus augmentent chaque année de manière démentielle et parce qu'une grosse du régime complémentaire a été annoncée. Il faut bien financer les nouvelles dépenses que la Carpimko a mises en place cette année.
  • Faut-il faire confiance aux camarades syndicalistes qui cogèrent la Carpimko ? 👉 Oui, si on a les mêmes opinions pro-retraite par répartition qu'elles. Pour les connaître, je vous renvoie à la newsletter de jeudi dernier.
  • Que peut-on faire si on n'a pas les mêmes opinions qu'elles ? 👉 Pas grand-chose : on ne peut pas faire changer d'avis des militants. S'ils militent, c'est parce qu'ils sont sûrs d'être dans la vrai. Et quand en plus il y ajoutent des arguments moralisateurs, vous savez que c'est fichu d'avance. S'ajoute à cela le rôle des autorités de tutelles qui pensent la même chose.
Il ne nous reste que la compréhension du système, le droit de vote et l'auto-assurance. La Carpimko ne rafle pas encore toutes nos capacités d'épargne, même si elle tend à le faire. La réforme Delevoye, qui allait transformer les caisses de retraite des indépendants en Gargantua, est morte du Covid. C'était tout ce qu'elle méritait.


On peut donc encore forger un second pilier, comme disent les Suisses. C'est pour ça que je parle inlassablement du vaste éventail de solutions (immo, prévoyance, livrets, assurance vie, PEA, défiscalisation...) depuis l'ouverture de mon blog en 2008. Il faut aussi comprendre ce système-là quand on se défie du système des collègues bienveillantes qui veulent faire notre bien à notre place. Mais qui font surtout le bien des retraités actuels qui ont moins cotisé que nous.

 

jeudi 27 juin 2024

Newsletter du 27/06/24 : les sujets pratico-pratiques de la semaine

 

Voici la liste des sujets pratiques de la newsletter de cette semaine. Pour la recevoir chaque jeudi matin, cliquez ici.

Collaboration libérale, voici le texte officiel (article 18 surtout) :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000452052/2022-06-27
Collaboration ou remplacement ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7905217992834057/
Exercice mixte : plombé par l'explosion des charges sociales du libéral ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7920347001321156/
Les ordonnances n'ont pas de date de péremption :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7919765948045928/
Orthomax va se regrouper avec Topaze :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7916801231675733/
FIF-PL vs DPC :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7916205141735342/
Un sondage sur le bilan de prévention :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7915702295118960/
La flamme olympique peut cramer notre rentabilité :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7915389908483532/
Le n° Adeli commence à ressembler au Saint-Graal :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7914777391878117/
Quand la sécu se met à jargonner :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7911692555519934/
La MAIF surtaxe ceux qui font un peu de domicile :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7912076392148217/
Un courrier peut-il faire office d'ordonnance ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7910953168927206/
Vera tente de simplifier les rapports des ortho-artistes avec l'Urssaf du Limousin :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7910780372277819/
L'Urssaf des Pays de la Loire nous envoie un courrier pour nous dire… que nous avons du courrier :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7910444098978113/
Retraite : où vendre son matériel pro ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7910072102348646/
Partage des charges dans un cabinet de groupe : quelle est la meilleure solution ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7907718075917382/
Des conseils de conseillers en gestion de patrimoine :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7906762112679645/
Déménagement sans changer de ville : qui prévenir ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7896311147058075/
INPI : encore une galère administrative.
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7896082703747586/
Rêvons une minute : et si nous facturions des frais de dossier ?
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7894142973941559/
Des retours sur le compte pro d'Indy :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7891177697571420/
Grosse promo sur les forfaits SFR :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7890198137669376/
Une taxe augmente (c'est une habitude, vous me direz) :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7889666457722544/
Des conseils de lecteurs de CB :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7889184107770779/
Un guide sur l'intervention auprès d'enfants mutiques (merci Mélanie !) :
https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7911443878878135/

lundi 15 avril 2024

Combien gagne une orthophoniste libérale ? Mise à jour


Estimer le revenu d'une profession n'est pas chose simple quand on n'a pas accès aux chiffres nationaux du fisc. Mais on peut quand même tenter d'approcher la réponse à quelques questions, ne serait-ce que pour renseigner les jeunes qui envisagent ce métier :

  • Quelle est notre recette moyenne (le chiffre d'affaire : honoraires + primes) ?
  • Quel est notre revenu (le bénéfice : recette - dépenses pro) ?
  • Est-ce qu'on a enfin digéré 2020, annus horribilis ?
  • Sommes-nous très groupés autour des chiffres moyens, ou très répartis ?
  • Quel est le temps de travail moyen ? 
  • Sommes-nous mieux lotis que les autres paramédicaux conventionnés ?

Les données les plus fouillées ont toujours été celles de la FNAGA relayées par l'AGAO, l'association de gestion la plus utilisée par les orthophonistes. Les dernières concernent 2021: on n'a pas encore 2022 (et encore moins 2023 qui n'a pas encore été déclarée)

La FNO vient de publier des chiffres sur 2022, mais ils proviennent de la base de données de "l'Assurance maladie SNDS". Or l'Assurance maladie ne connaît pas nos revenus issus des centres qui nous paient directement (IME, SESSAD, CMPP et certains EHPAD). La double prise en charge reste décidément une plaie : elle va jusqu'à fausser les statistiques.

Voici donc les derniers chiffres communiqués par l'AGAO et la FNAGA pour les orthophonistes (merci à Florence de me les avoir transmis) :

 

Petit bémol : ces données incluent les orthophonistes en exercice mixte (libéral + salarié), qui font forcément baisser les moyennes puisque leur salaire n'est par inclus dans le tableau. La FNO nous dit qu'ils sont 9 % des orthophonistes libéraux (cf l'Orthophoniste n°437, p.10). Les 91 % restants ont donc une moyenne plus haute, mais on ne la connaît pas.

Est-ce que la baisse de 2020 est oubliée ?

Quasiment. Voici le tableau de 2019 :

 

Comme vous le voyez, les chiffres de 2021 s'approchent de ceux de 2019.

Mieux : il est fort probable que nos recettes aient dépassé celles de 2019 sur la période récente grâce aux revalorisations de tarifs négociées par la FNO dans les avenants 19 et 20


Sommes-nous une profession homogène ?

Pas du tout.


 L'AGAO nous répartit en quatre tranches :


En luttant contre les dépenses pro (cf cet article) et en optimisant son lieu d'installation, il reste possible d'atteindre un revenu net de 60 000 € par an, soit 5 000 € par mois. Certains membres de la tranche 4 le font. C'est quand même très appréciable en France pour un bac +3 à 5.

Ça représente combien d'heures de travail par semaine ?

Regardons déjà combien d'actes hebdomadaires cela représente.

Les relevés d'activité de la sécu nous disent que nous tournons autour de 1 AMO 13 par acte, soit 33,80 € en métropole. Voici ce que ça donne avec 46 semaines de travail (5 semaines de vacances + quelques jours fériés hors vacances) :

La FNO dit qu'en 2022, nous avons tourné à 35 actes moyens par semaine (mais elle pense que nous prenons dix semaines de vacances). Elle donne aussi le nombre d'actes moyen de chaque mois de l'année. On y voit le gros impact des vacances scolaires sur notre activité.

 

35 actes de 30 minutes, ça fait un mi-temps en fait ?

La FNO dit que nous travaillons moins que les autres paramédicaux, mais elle ne va pas jusqu'à écrire que nous sommes à mi-temps. Ce serait royal, avec les deux mois et demi de vacances qu'elle nous prête.

Elle affirme que nous avons dix heures de travail non rémunéré par semaine. Il y a effectivement de quoi faire :

  • préparation des séances
  • contacts avec les autres intervenants
  • rédaction de comptes rendus et de notes d'évolution
  • comptabilité
  • paperasse : sécu, facturation des centres qui paient directement, gestion des impayés...
  • entretien du cabinet.


N'oublions pas non plus que les actes les mieux payés durent plus de 30 minutes, qu'il s'agisse des séances de neurologie (45 minutes sauf si le patient s'avère trop fatigable) ou des bilans.

En résumé : on ne connaît pas notre temps de travail moyen. Personnellement, j'ai culminé à 53 heures par semaine quand j'avais 90 à 95 actes prévus par semaine. Ca donne un ordre d'idée, mais c'est juste un exemple.

Comment nous situons-nous par rapport aux autres paramédicaux conventionnés ?

Dans son dernier bulletin, la Carpimko nous explique que nous sommes avant-derniers à présent, en matière de bénéfice : les orthoptistes nous ont dépassés.

Vous remarquerez que notre BNC 2021 ne coïncide pas parfaitement avec celui de l'AGAO
cité plus haut, mais qu'il en est assez proche.
 

Conclusion joyeuse

Bien sûr, tout irait mieux si nos tarifs avaient suivi l'inflation. Dans les années 70, ils augmentaient une ou deux fois pas an pour suivre l'inflation. Mais ils ont commencé à geler en 1983 avec le tournant de la rigueur du président Mitterrand. L'inflation a pu caracoler en tête, malgré quelques soubresauts de plus en plus espacés.

Il faut donc recevoir de plus en plus de patients pour maintenir un revenu constant. Cela peut pousser certains collègues vers le burn-out.

Ce n'est même pas une question de politique politicienne : tous les gouvernements nous ont laissés décrocher depuis 1983. La baisse du pouvoir d'achat, aggravée par l'appétit gargantuesque de la Carpimko, fait maintenant partie de notre identité professionnelle collective. Il en est de même pour les salaires de début de carrière des fonctionnaires... mais ensuite ils ont de l'avancement.


CELA DIT

Nous avons de beaux restes, après quarante ans de déclin :

  • un bénéfice moyen supérieur au revenu médian du pays
  • un revenu confortable dès le début de carrière, sans forcément avoir besoin de se tuer au travail
  • la possibilité de pousser vers les 5000 € par mois : aucun quota (nombre d'actes maximal) n'a été imposé par la sécu, même si c'était dans l'air dans les années 90 ; ce fut une grande victoire syndicale.
  • le libre choix de nos méthodes et de notre organisation.

Pourvu que ça dure ! Et merci à la FNO d'appuyer sur la pédale de frein depuis quarante ans pour ralentir notre décrochage de l'inflation.

vendredi 15 mars 2024

Mars, le meilleur mois de l'année

 


Il y a quelques semaines, en préparant ma formation  Sécurisez votre Avenir II, j'ai fabriqué un petit simulateur que j'ai mis en libre accès sur le groupe des Clés (avec son mode d'emploi) :  

https://www.facebook.com/groups/184304421592158/posts/7353814791307716/

C'est un tableau réservé aux orthophonistes libéraux. Son but : déterminer le revenu qu'on veut atteindre (ici le seuil du bonheur, 46 368 € par an) et connaître le nombre d'actes à faire chaque semaine pour y parvenir.

Problème : le simulateur a l'air très optimiste alors qu'il est mathématiquement correct. Beaucoup d'orthophonistes pensent effectuer 55 actes par semaine. Mais elles ne gagnent pas 46 368 € par an. Loin s'en faut. Elles tournent plutôt entre 30 et 35 000 € de bénéfice.

Pourtant j'ai été généreux avec le nombre de semaines de vacances : 8 semaines, c'est beaucoup.

Et même si on porte l'absentéisme à 10 %, ça ne colle pas.

Où est le bug ?

Prenons le problème autrement

Allons voir mon dernier relevé individuel d'activité (RIA), qui contient des statistiques sur l'ensemble des orthophonistes libéraux normands :

En 26 semaines, nous avons effectué en moyenne 861 actes. Si on y met 3 semaines de congés (février, Pâques, ponts de mai), on arrive à :

861 / (26-3) = 37 actes par semaine. EN MOYENNE !

Vu comme ça, nous travaillons très peu : une grosse 20aine d'heures par semaine. Et comme c'est une moyenne, beaucoup d'entre nous travaillent moins que ça.

Là aussi, il y a forcément un bug dans le raisonnement. Et pourtant mon tableau et le RIA sont irréfutables.

Première explication : les vacances scolaires

Le RIA normand montre que 82 % de nos patients sont des mineurs de moins de seize ans. 

Enfonçons une porte ouverte : ces patients ont énormément de vacances. Certains partent chez un parent ou un grand-parent qui ne veut/peut pas les amener. D'autres partent en villégiature. Et puis il y a aussi ceux qui préfèrent ne pas venir "pour se reposer un peu". Et ceux qui disent qu'ils viendront mais qui annulent au dernier moment (ou posent un lapin).

Les vacances scolaires font de l'orthophonie une sorte de métier saisonnier, comme la pharmacie dans un village de Savoie.

Seconde explication : le problème est quasi-permanent

Prenons les douze mois de l'année et regardons les raisons de ne pas aller chez l'orthophoniste :
  • Janvier : fin des vacances de Noël, épidémies, routes enneigées
  • Février : vacances, épidémies, routes enneigées
  • Mars : fin des vacances de la dernière zone
  • Avril : vacances
  • Mai : fin des vacances de la dernière zone, ponts
  • Juin : sorties scolaires
  • Juillet : vacances
  • Août : vacances
  • Septembre : temps de réorganisation de l'emploi du temps, entre le foot et l'équitation
  • Octobre : vacances
  • Novembre : fin des vacances, pont du 11, début des épidémies
  • Décembre : épidémies, vacances.

Et pendant tout ce temps, il y a les SMS de type "Timéo ne viendra pas parce qu'il a un rendez-vous" (le nôtre n'en est pas un).

Mars reste donc le seul mois où on voit le nombre de patients qu'on a prévu, sauf quand on est dans la dernière zone des vacances d'hiver.
 
Au final, nous travaillons beaucoup moins que ce que nous pensons.

Les semaines où tout le monde vient sont celles qui nous marquent parce qu'on y accumule la fatigue. Elles nous confortent souvent dans l'impression de ne pas pouvoir en faire plus.

Comment améliorer les choses ?

Quelques pistes :
  • Se fixer des objectifs annuels, pas hebdomadaires. Tenir un tableau Excel pour ça, puis comparer les années.
  • Mettre des séries de séances courtes et intenses sur les vacances scolaires.
  • Insécuriser les patients propriétaires de créneau horaire, qui disent à la fin juin "on se revoir à la rentrée", en leur disant qu'on verra ce qu'on pourra faire d'ici là parce que c'est tellement loin...
  • Ajouter dix ou quinze créneaux : quand je voyais 85 patients par semaine (hors vacances scolaires), j'en prévoyais 95.
  • 2 lapins = rééducation terminée
  • Plus difficile mais certains le font : moins de 7 rendez-vous effectués sur 10, même décommandés à l'avance = rééducation terminée.
  • Ne pas avoir de rééducations longues pour éviter l'essoufflement (bien compréhensible) de certaines familles. Privilégier des objectifs atteignables en quelques mois et arrêter systématiquement, quitte à revoir le patient plus tard.

Mais avant de suivre ces pistes, un constat lucide s'impose. Regardez donc votre RIA et divisez le nombre d'actes par le nombre de semaines ouvrées. Tout part de là.


mardi 21 novembre 2023

50 ans d'orthophonie : c'était mieux avant ?

 


La nostalgie est un sentiment qui nous touche tous un jour ou l'autre. C'est humain. Elle nous replonge dans une époque où nous étions jeunes, fringants, pleins d'allant et d'idéaux sur tout un tas de sujets.

De là à prononcer la fameuse phrase réac "c'était mieux avant", il n'a qu'un pas.

Chez nous, les orthophonistes, il est facile de la prononcer puisque beaucoup d'éléments montrent que nous sommes en déclin. Mais faut-il généraliser et sombrer dans la mélancolie ? C'est ce que nous allons voir en examinant ce qui était mieux avant, puis ce qui est mieux maintenant. 

Je baigne dans l'orthophonie depuis 1972, l'année où mon père a obtenu son diplôme. Alors passons ce demi-siècle en revue et voyons si c'était vraiment mieux avant !

 


Séquence nostalgie : ce qui était mieux avant

  • Dans les années 70, il y avait une forte inflation. Mais l'AMO suivait l'indice des prix. Ce n'était donc pas un problème pour mon père, même si c'en était un pour l'ensemble de l'économie française. Puis il y a eu le tournant de la rigueur et la désindexation en 1983. C'est là où la baisse du pouvoir d'achat a commencé pour les auxiliaires médicaux, contrairement à ce qui se passait globalement dans la population (le Smic a même progressé beaucoup plus vite que l'inflation). Si tout s'était passé comme avant, l'AMO aurait atteint 3,85 € l'an dernier (source : INSEE) :

  • Les orthophonistes travaillaient sur leur cœur de métier : langage oral, langage écrit, voix, aphasie. Puis nous avons fait tache d'huile en élargissant notre champ de compétences ad libitum, tout en disant qu'il ne fallait pas d'orthophonistes spécialisés. On nous a demandé de devenir des pieuvres, ou au minium Vishnou. 
  • Dans les années 70-80, les bilans orthophoniques ne ressemblaient pas à une analyse de sang, avec une avalanche de chiffres que le profane peine à comprendre.
  • Personne ne parlait de double prise en charge avec les CMPP, les IME, les SESSAD ou les EHPAD, (mais en même temps pas tous les Ehpad)... La prise en charge concomitante semble avoir été inventée par des fonctionnaires pour faire craquer les professionnels de santé. Ca fait vingt ans que ça dure.
  • La déclaration d'Urssaf et de Carpimko était simplissime.
  • La Carpimko était très raisonnable : encore en 1990, elle ne prenait que 2473 €, quel que soit le revenu. On pouvait cotiser davantage si on avait confiance en elle. Mais c'était un choix. Depuis 1993, il n'y a plus de choix et la dérive est sidérante (cf cet article).

  • Le régime de retraite des praticiens conventionnés, l'un de nos trois régimes, rapportait vraiment quelque chose. C'était un bel avantage conventionnel. Mais depuis son effondrement de 2008, c'est une peau de chagrin ; le souvenir émouvant d'une époque révolue.
  • On pouvait épargner pour préparer son avenir sans subir 17,2 % de prélèvements sociaux : ils n'existaient pas.
  • L'extrapolation des indus n'existait pas non plus. Aujourd'hui, une erreur de votre part peut être globalisée sur l'ensemble de votre activité, parce que la sécu pense que vous faites ça tout le temps. Nouvelle devise de l'Etat et des caisses : margoulin un jour, margoulin toujours.
  • Il y avait des collègues salariées dans les établissements, y compris dans les coins reculés de  Province comme ici.
  • Beaucoup de cabinets n'avaient pas besoin de liste d'attente : les choses étaient fluides. Encore en 1994, quand je me suis installé, je voyais les gens sous deux ou trois semaines. Aujourd'hui, j'en suis à gérer les urgences, la mort dans l'âme.
  • Retraite à 60 ans : possible (avec une pénalité) pour ceux qui n'en pouvaient plus.

Halte à la sinistrose !

Tout ce que je viens d'énumérer est vrai. Mais cela ne doit pas nous empêcher de voir tout ce qui s'est amélioré en 50 ans. Quelques exemples :

  • Aujourd'hui, grâce aux groupes Facebook, nous avons des milliers de collègues prêts à nous aider sur n'importe quel sujet, avec généralement une réponse dans l'heure. D'une manière générale, le savoir mondial se trouve dans notre poche, pour peu que nous parlions anglais. Nous vivons une époque formidable.
  • L'intelligence artificielle peut d'ores et déjà nous servir concrètement dans nos rééducations pour créer des supports verbaux et/ou des images parfaitement adaptées au patient, dans tous les types de pathologie. Elle peut même nous donner des idées d'exercices à proposer. Elle peut résumer des articles écrits en n'importe quelle langue. C'est un assistant extraordinaire qui se nourrit en permanence des fruits de la recherche scientifique (cf Ortho-IA).
  • Nous n'avons plus besoin de réclamer une ordonnance au bout de trente séances, puis vingt. Avant, il fallait même deux ordonnances pour commencer à travailler : une pour le bilan, une pour les séances.
  • Les patients de l'ASE ont une carte Vitale et la C2S. Avant, tous les trois mois, il fallait envoyer un mémorandum avec l'ensemble des séances, puis jouer à Anne ma sœur Anne...

 

  • Faire tache d'huile a permis à certains orthophonistes d'orienter leur carrière vers des domaines passionnants, inaccessibles auparavant. Et même de devenir formateurs.
  • L'informatique nous a fait gagner du temps : encaissements en trois jours, comptabilité quasiment automatisée, gestion des listes d'attente (Docorga est gratuit jusqu'à la fin de l'année), gestion des notes aboutissant à un véritable second cerveau (cf OrthoNotes), sites spécialisés comme langageoral.com ou Happyneuron, des milliers de partages répertoriés dans la Table de Claire, etc.
  • Apparition de bons plans inconnus auparavant : comités d'entreprise et chèques vacances notamment.
  • Fin de la quasi-obligation d'adhérer à une AGA.
  • Il n'a jamais été aussi facile d'ouvrir une activité secondaire scalable grâce à internet (cf Contourner le blocage de l'AMO).
  • La loi Madelin de 1994 puis le PER de Bruno Le Maire nous ont permis de déduire une partie de notre épargne.
  • Le crédit d'impôt formation et le DPC nous paient pour aller nous former. Le FIF-PL, lui, nous indemnise partiellement. Et le CPF élargit nos horizons professionnels.
  • A venir en 2026 : une harmonisation de la CSG entre nous et les salariés. Jusqu'alors, nous étions perdants.

Alors était-ce mieux avant, en définitive ?

Chaque orthophoniste peut mettre un coefficient sur les différents points que je viens de citer, en fonction de ses convictions et de ses goûts. Votre conclusion finale ne sera donc pas forcément la mienne.

Certains mettent le coefficient maximal sur l'AMO décroché, occultant toute autre considération et nous poussant vers la nostalgie. C'est compréhensible : nous travaillons pour gagner notre vie, mais nous la gagnons de moins en moins bien ; d'autant que la Carpimko se charge de nous lester un peu plus chaque année. Il n'existe aucune raison d'espérer un retournement de tendance. Et un passage à la rémunération au forfait serait encore pire.

En même temps, à quoi sert-il de broyer du noir ?

Le passé est comme une excellente pizza faite maison, mais oubliée au fond du frigo pendant un mois. Une denrée avariée dont on ne peut plus rien faire. Même si nous parons le passé de l'orthophonie de ses plus beaux atours en oubliant ce qu'il comportait de négatif, c'est en fait un décor gris, envahi par les spores de l'oubli.

Un petit livre m'a convaincu d'arrêter de regarder le passé avec les yeux de Chimène, qu'il s'agisse d'orthophonie ou pas. Je vous le recommande chaudement :

Michel Serres y rappelle que le passé est rempli de guerres, de massacres, de famines et d'injustices criantes (notamment celles faites aux femmes). Il fait son travail de philosophe en donnant de nombreux exemples pour contrer l'idée du "c'était mieux avant".

Autre penseur, dans un tout autre genre : Steve Jobs n'accordait aucun intérêt aux anciens Macintosh. Il était exclusivement focalisé sur le présent et surtout l'avenir. 

Profitons de notre époque et de toutes les opportunités qu'elle offre. L'orthophonie est un métier passionnant en perpétuelle évolution. Nous pouvons encore l'exercer confortablement dans beaucoup de zones de Province. Et c'est justement là où la vie est plus agréable !

Et même si au final, notre rémunération continue à décliner grâce aux bons soins de l'Etat et de la Carpimko, il sera beaucoup plus facile de changer de métier (ou de pays) qu'au début des années 70. Le groupe Orthophonie et reconversions en fournit de nombreuses illustrations.

Refusons donc de dire que c'était mieux avant : c'est avant tout une question d'état d'esprit et de capacité d'adaptation.

Ce refus permet de se concentrer sur l'avenir. Un avenir commun si nous en avons un, ou sinon un avenir individuel ailleurs. Et surtout, savourons tout ce que notre époque permet. La nostalgie nous empêcherait de savourer ces bienfaits à leur juste valeur !