ABONNEZ-VOUS A MA NEWSLETTER : CLIQUEZ ICI
Chaque semaine, vous recevrez des infos, des bons plans, des astuces, des liens vers des discussions utiles et intéressantes...
Affichage des articles dont le libellé est divers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est divers. Afficher tous les articles

mercredi 27 janvier 2016

Orthophonie : bilan globalement positif ?




Suite à un échange avec Marco sur le forum Orthogestion, je me suis demandé si je brossais un tableau trop noir quand je décrivais l'évolution de notre profession ou de l'ensemble des métiers paramédicaux exercés en libéral.

J'avais commencé à m'inquiéter ouvertement dès la création de ce blog pendant l'été 2008, en écrivant une série d'articles qui faisaient un état des lieux. Dès cette époque, je déplorais par exemple le fait que l'AMO ait perdu 1/3 de pouvoir d'achat durant les 25 années précédentes. Mais ai-je sombré par la suite dans une sinistrose stérile, ou les choses ont-elles réellement empiré pour nous ?


Examinons avec lucidité ce qui s'est passé depuis l'ouverture de ce blog pendant l'été 2008, sans nous limiter à l'AMO :

1) Négatif

  • Effondrement du régime des praticiens conventionnés : ma cotisation est passée de 78 à 290 €, pour obtenir 35 points au lieu de 44 à l'époque, sachant que la valeur de ces points a été divisée par deux ! On imagine mal une réforme de ce type proposée à des salariés.
  • Explosion de la cotisation forfaitaire du régime complémentaire de la CARPIMKO, sans commune mesure avec celle de l'AMO : 992 -> 1400 €. +41% pour tout le monde.
  • Tripatouillage du régime de base de la CARPIMKO (encore elle !) : avec un revenu stagnant, je suis passé de 2780 € à 4302 € de cotisation.
  • Quasi-doublement de la taxe FIF-PL avec de nouveaux droits qui ont été rognés par la suite.
  • Le DPC soviétique : il faut y aller, même si on n'est pas intéressé.
  • La création de la taxe URPS pour financer des organismes que personne n'avait demandés.
  • L'explosion des taxes foncières et de l'impôt sur le revenu (mais ça c'est pour une petite moitié de la population, pas seulement nous).
  • La réunionnite qui a atteint les écoles, avec participation gratuite, ou courrier supplémentaire à rédiger
  • Les exigences sidérantes des MDPH, concernant les délais et les tests à utiliser.
  • Les listes d'attente qui deviennent ridiculement longues dans maints endroits et qui finalement nous rendent inexistants pour une partie de la population.
  • Les normes d'accessibilité : la loi ERP date de 2005, mais en 2008 on pouvait encore espérer que le réalisme prévaudrait. Finalement non : beaucoup de villages et de petites villes n'ont aucun local disponible pour d'éventuels nouveaux orthophonistes. Mais comme dit la FNO, nous ne pouvons pas être contre. Il suffit de ne pas soigner la population de ces endroits, ou d'y risquer la prison.
2) Positif
  • Une seule augmentation des lettres clés, mais une quand même en 2012 : +4% sur l'AMO, +1 € sur l'IFD. Ca ne compensait absolument pas les 17 % d'inflation que nous avions subis depuis la revalorisation de 2003 (source : INSEE), mais c'était toujours ça. En outre, ces temps-ci, on nous parle davantage de déflation que d'inflation. Remercions l'Arabie et la Russie de produire trop de pétrole.
  • Le contrat incitatif (zones très sous-dotées), qui n'existe plus.
  • Le pacte de solidarité, réservé à certains (mais pas à votre serviteur).
  • La fin de la taxe pro, remplacée par la CFE. Pour certains, c'est mieux, pour d'autres c'est pire qu'avant.
  • Le master, qui n'a pour conséquence immédiate qu'une augmentation des frais d'études et qu'un énorme problème d'équivalence pour les logopèdes. Mais je veux bien y voir du positif à long terme.
  • L'apparition du terme "communication" à tous les étages de la nomenclature : j'imagine que c'est positif.
  • La revalorisation de certains actes (ex : dysphonie), mais évidemment ni le 10,1 ni le 12,1.
  • Le passage des AMO 13,x à 50 + 50 séances.
  • L'apparition d'Orthoscribe.
  • La création de  154 782 groupes Facebook orthophoniques où chacun trouve rapidement une réponse à ses questions.
Il est évidemment difficile de mettre tous ces éléments épars en balance. Chacun leur attribuera des coefficients qui lui seront propres pour décider si le bilan est globalement positif, comme disait le regretté Georges Marchais. Vous savez déjà de quel côté penche ma balance : je travaille pour gagner ma vie, avant toute autre considération d'épanouissement ou autre. Cela étant, il y a pire, comme métier. Et que pourrais-je faire d'autre ? Rien. Voilà le bon côté des choses.

lundi 26 janvier 2015

Combien gagne un orthophoniste ?




J'avais écrit un billet sur le même thème il y a 4 ans : 
http://orthogestion.blogspot.fr/2009/05/etat-des-lieux-1-les-orthophonistes.html

Voici des données plus récentes, qui figureront également dans le PDF de mise à jour des Clés de la Réussite.



L’acte moyen est passé à AMO 12,1 en 2013. La moyenne des honoraires des adhérents de l’AGAO a atteint 54 443 €. En 10 ans, ce chiffre a augmenté de 14%. L’inflation, elle, a été de 18%.


Non seulement la recette ne suit pas l’inflation, mais en plus, les charges s’alourdissent : depuis 2003, elles sont passées de 43 à 46% de la recette.


Sur la même période, le bénéfice n’a donc pu augmenter que de 8%, passant de 27 135 à 29 430 € ; soit 2 453 € par mois. Les orthophonistes ne parviennent pas à compenser l’impressionnant décrochage de l’AMO en travaillant davantage. Ils se paupérisent doucement : 10% de pouvoir d’achat ont encore été perdus en 10 ans.


Notons que ce calcul n’inclut pas l’augmentation des impôts personnels : impôt sur le revenu, taxe foncière (sur l'habitation) et taxe d’habitation, qui viennent encore réduire le revenu réellement disponible.

Nous venons d'avoir une année de répit grâce à l'arrêt de l'inflation. C'est mauvais signe pour l'économie atone du pays, mais c'est une pause bienvenue pour nous. Espérons toutefois que nous n'entrerons pas dans la déflation : les caisses pourraient alors être tentées d'abaisser l'AMO, comme elles le font pour les radiologues. Ceux d'entre nous qui remboursent des crédits seraient étranglés financièrement, parce que leurs mensualités ne baisseraient pas.


(sources : FNO, AGAO, INSEE)

lundi 19 janvier 2015

Orthoscribe : 1 an sans comptes rendus à la maison !






Cela fait maintenant un an que j'utilise Orthoscribe, le générateur de comptes rendus de bilans orthophoniques. Ce logiciel, encensé par les uns et décrié par les autres, laisse difficilement indifférent. Retour sur 12 mois d'utilisation intensive.

Pour ceux qui ne l'auraient pas vu fonctionner, le logiciel se présente ainsi lors de son ouverture (cliquez sur les images pour les agrandir) :



Les icônes de gauche (Anamnèses, Tests, Modèles) permettent de personnaliser le logiciel selon ses envies. C'est loin d'être un carcan. Dans la partie Tests, on sélectionne ceux que l'on possède. Outre ceux qui sont proposés par défaut, il est possible d'en ajouter. Des collègues se sont attelés à cette tâche et ont gentiment diffusé sur Facebook les fichiers qu'ils ont ainsi créés, par exemple pour le test ECOSSE.

Quand on clique sur le bouton vert "Créer un dossier", on choisit s'il s'agit d'un bilan initial ou de renouvellement. Dans le second cas, le logiciel permet de chercher dans la liste des patients déjà enregistrés. Je n'ai pas encore trop exploré cette partie qui a récemment fait son apparition et qui a demandé un important travail aux développeurs.

L'anamnèse se présente de cette manière :







Ces 8 écrans peuvent être remplis par l'orthophoniste. Un questionnaire peut aussi être envoyé à la famille du patient avec un code d'accès, pour qu'elle le pré-remplisse en ligne. Quand c'est fait, un email est envoyé à l'orthophoniste, avec le questionnaire rempli. Un double-clic sur ce fichier ouvre Orthoscribe, qui intègre les données au dossier du patient. Lors de la génération du compte rendu, il utilisera toutes ces données pour compiler le texte de l'anamnèse (attention aux erreurs d'orthographe des patients). Pour l'instant, je ne me suis pas résolu à poser des questions aux patients avant de les connaître. Ceux qui le font apprécient le gain de temps lors de l'entretien : le tour d'horizon étant déjà effectué, cela leur permet d'insister sur les points qui méritent d'être approfondis.

Viennent ensuite le choix des tests utilisés et la saisie des données chiffrées. Pour la BALE et les 4 premiers Exalang (3 à 15 ans), les données quantitatives peuvent être directement importées. Il n'y a donc pas besoin de les saisir à la main.


Toutes ces étapes ne prennent que quelques minutes. C'est alors qu'arrive l'instant magique : vous cliquez sur "Créer le compte rendu" et vous vous retrouvez dans Word ou Open Office avec un texte et des graphiques agréables à regarder ! Il ne reste plus qu'à ajouter les informations qualitatives, le diagnostic et le projet thérapeutique.




D'une manière générale, ce logiciel m'a permis de regagner une qualité de vie que je n'avais pas connue depuis 1994. Je suis à jour dans mes comptes rendus. Et surtout, je les écris au cabinet, au lieu de ruiner mes soirées tout en me sentant coupable devant la pile de ceux qui restent à faire. Pour moi, le gain de temps se trouve dans la création de l'ossature, autour de laquelle je n'ai plus que la chair (le qualitatif) à mettre. Je peux même rédiger bribes par bribes, dès que j'ai quelques minutes : un patient en retard, un autre aux toilettes, etc. Parfois, en pratiquant de cette manière, un compte rendu me prend une demi-journée, mais il n'est plus à faire à la maison ! J'optimise donc les 12 heures passées au cabinet grâce à Orthoscribe.

Ce matin, j'ai communiqué quelques idées d'améliorations au sympathique Frédéric Boisselier, après 12 mois de progression du logiciel :

- Quand le logiciel reprend le titre d'une rubrique dans une phrase générée automatiquement, il faudrait retirer la majuscule (ex : "Assemblage"). On voit trop le copié-collé.
- Concernant le bilan de renouvellement, on n'a pas toujours les données du bilan initial dans Orthoscribe. J'aimerais que le logiciel me permette juste d'afficher "bilan de renouvellement" dans le titre, au lieu de me demander où se trouve le précédent bilan. C'était d'ailleurs le cas avant qu'Orthoscribe se mette à gérer le bilan de renouvellement.
- J'ai vraiment hâte que la neurologie soit gérée.
- J'aimerais que le Zareki et le dernier Exalang Lyfac soient mieux intégrés. Concernant Lyfac, une importation automatique comme celle des autres Exalang serait sympathique.

Si vous avez d'autres idées, l'équipe les écoutera : elle se montre très à l'écoute, depuis le début. C'est l'avantage des petites structures souples.

Orthoscribe, on aime ou on n'aime pas. Certains n'y voient aucun gain de temps. D'autres y voient le triomphe du chiffre sur le sens clinique. Moi, j'aime. J'ai donc décidé de souscrire une deuxième année. C'est comme tout outil : tout dépend de ce que nous en faisons. Si nous nous contentons d'envoyer au médecin l'ossature générée sans inclure de données qualitatives, nous ne méritons pas notre AMO 24. Mais si nous continuons à exercer pleinement notre métier, Orthoscribe peut nous rendre la vie plus belle. Même ma femme aime ce logiciel : elle ne passe plus deux soirs par semaine en ayant l'impression d'être célibataire.

jeudi 24 juillet 2014

Logicmax is "mooving"


Logicmax est bien connu chez les paramédicaux : c'est l'un des principaux éditeurs de logiciels de gestion de cabinet. La société fêtera ses 20 ans l'an prochain. Chez les orthophonistes, Orthomax s'est imposé chez les adeptes du Macintosh, puisqu'il était sans concurrence. Mais sa copie conforme existe aussi sur Windows. Ce choix m'a d'ailleurs permis de changer deux fois de système d'exploitation au cabinet.

Mais que ce soit sur Mac OS ou Windows, l'interface du logiciel était restée peu ou prou la même depuis que nous l'avions installé, en juin 2000. Le moteur interne avait été réécrit lors de la sortie de la version 9, mais c'était resté transparent pour l'utilisateur. Les deux principales améliorations visibles furent l'intégration (obligatoire) du cahier des charges 1.40 qui permettait de pratiquer le tiers-payant avec les complémentaires santé, puis la synchronisation des données avec l'iPhone, l'iPad et Android.

Logicmax aurait pu se reposer sur ses lauriers et vivre de la maintenance : une fois que les clients sont captés, ils partent rarement à la concurrence. Mais s'ils ne le font pas, c'est souvent pour ne pas changer leurs habitudes et parce que ce ne sont pas des geeks. C'est tout le dilemme d'un éditeur : quand il refond l'interface, il risque de dérouter ceux de ses utilisateurs qui sont peu intéressés par la découverte de nouveaux outils informatiques.

La société a tout de même pris ce risque, considérant qu'au milieu des années 2010, il était anormal d'utiliser une interface des années 1990. Elle a embauché des informaticiens qui travaillent sur ce projet depuis de longs mois. Et... mettons fin au suspense, voici le résultat, Orthomax Moov (cliquez sur les images pour les agrandir) :



Le logiciel s'ouvre sur l'onglet "Infos", que Logicmax enrichira de contenus professionnels variés. Le fond boisé est juste le mien, c'est personnalisable. J'aime l'ambiance "chalet des Alpes" : un avant-goût des vacances ;-)

L'interface a indéniablement pris un sacré coup de jeune. Elle fonctionne maintenant par onglets. Les enchevêtrements de fenêtres ont disparu. Ce système permet d'ouvrir plusieurs dossiers de patients à la fois : sur la première capture d'écran, j'en ai ouvert quatre. Il est possible de les fermer tous d'un coup pour faire le ménage.

Autre point appréciable : on accède à la facturation depuis presque tous les écrans, ce qui représente un gain de temps.

Dans la partie comptabilité, j'ai été bluffé par l'importation directe des relevés de banque informatisés. Quel gain de temps, notamment pour les dépenses !

La prise en main est intuitive et extrêmement rapide. Après avoir converti ma base de données de la version 9 vers la version Moov, Logicmax a pris la main sur mon ordinateur pour installer le logiciel, puis m'a fait une démonstration pendant une heure. Rien de plus n'a été nécessaire, j'ai été immédiatement opérationnel. On sent que l'évolution a été pensée.

Bien sûr, tout n'est jamais tout rose : au cours des deux derniers mois où j'ai été bêta-testeur, j'ai eu quelques bogues mineures à faire remonter, ainsi que quelques erreurs de conception (ex : l'ordre des séances qui était inversé). Le tout a été corrigé. A mes yeux, la principale lacune persistante concerne les raccourcis-clavier, dont je suis friand. On peut naviguer dans les menus avec ALT comme dans presque tous les logiciels, mais j'aimerais par exemple un CTRL-W pour fermer un onglet, comme dans Firefox. Dans la liste des patients, sur la gauche, j'aimerais aussi pouvoir appuyer sur V pour aller directement aux noms qui commencent par un V, par exemple. Cette fonction existait dans la version 9, j'espère la voir revenir. Pour l'instant, la souris est reine.

Dernier point, et non des moindres : le logiciel n'a jamais planté en deux mois. Comme quoi, même sous Windows et avec une bêta-version, la stabilité existe ! Chez mon cher associé, autre aventurier du bêta-testing, c'est un Macbook sous OS 10.9 Mavericks qui fait fonctionner le logiciel. Les rares plantages qu'il rencontre sont liés au vieil adaptateur USB-port série de son antique lecteur de cartes Vitale, qui a toujours fait des siennes

Au total, on ne peut que féliciter Logicmax pour avoir osé mettre sur le marché ce produit bien agréable et intuitif. Le saut qualitatif est le même que celui que nous, les vieux, avons connu quand Windows 95 a remplacé Windows 3.1. Mais en plus, Logicmax produit un code plus fiable que celui de Microsoft.


EDIT : Logicmax présente aussi son logiciel sur ce PDF.

lundi 16 décembre 2013

Le bureau de la FNO joue à "C'est pas moi, c'est les autres"






La nouvelle équipe du bureau de la FNO a produit ce matin un remake de l'excellent film dont vous contemplez l'affiche.

Comme vous le savez peut-être, l'UNAPL (Union NAtionale des Professions Libérales), dont la FNO est membre, s'est lancée récemment dans une campagne visant à faire cesser l’acharnement du gouvernement contre les professions libérales. Elle a d'ailleurs lancé un site avec une pétition à signer : http://www.professionsliberalesendanger.org/

On aurait pu penser qu'au moment où l'UNAPL était dirigée par un médecin, le Dr Chassang, la FNO se serait montrée particulièrement solidaire de cette action. En d'autres temps, elle aurait publié un communiqué de presse où elle aurait repris l'argumentaire de l'UNAPL. Après avoir rappelé sa représentativité, elle aurait conclu, comme à son habitude, en exigeant des choses.

Or, il n'en est rien. Voici ce qu'écrit la secrétaire générale de la FNO aujourd'hui :

"Campagne organisée par l’UNAPL “les professions libérales en danger”



Campagne organisée par l’UNAPL “les professions libérales en danger”
Par leur vote, les régions ont exprimé majoritairement leur volonté de voir la FNO participer à la campagne de l’UNAPL, intitulée “Professions libérales, les métiers de la vie en danger”.

Cette campagne se décline en plusieurs points que vous pourrez retrouver sur le site dédié: http://www.professionsliberalesendanger.org/ – une pétition à signer et à faire signer, – une présence sur les réseaux sociaux par une page Facebook et  une mass tweets à venir.
Vous trouverez toutes les informations en cliquant sur l’onglet “modalités de l’action” et en téléchargeant le “kit de protestation”.
La Fédération affichera cette campagne sur ses réseaux ( site, page FB et compte twitter) et nous vous tiendrons informés des actions à venir.
Cécile CORALLINI Sécrétaire générale de la FNO"


On ne peut pas faire moins enthousiaste ! Le bureau FNO laisse entendre qu'il a été contraint de relayer l'action de l'UNAPL par les syndicats régionaux. On pourra toujours penser que c'est une preuve de démocratie, mais pourquoi était-il contre ? Etait-ce une raison de fond ? La FNO ménagerait-elle le gouvernement ? Ou alors, y a-t-il un problème entre les orthophonistes et le reste des professions libérales ? Comme pour le 22/11/63, nous ne le saurons jamais.

Quoi qu'il en soit, la solidarité n'a pas l'air d'être l'alpha et l’oméga de la nouvelle équipe dirigeante de la FNO.  :-(

Mise à jour : Comme pour confirmer ce que je venais d'écrire, la FNO a publié à l'instant un communiqué sur le nouveau barème de la CFE (ex-taxe professionnelle) sans rappeler que l'UNAPL se démenait également sur ce dossier.

jeudi 17 octobre 2013

Tableau AMO




J'ai mis à jour mon petit tableau AMO. Je l'avais fabriqué il y a quelques années. Il est surtout utile pour ceux qui facturent plusieurs séances à la fois et qui veulent donner vite fait une petite note au patient pour qu'il règle la semaine suivante.

J'y ai placé les cotations les plus courantes, mais vous pouvez insérer des colonnes et copier les formules.

Vous le trouverez ici :

https://mega.co.nz/#!lowjTLhY!MZsGAXBdu-fUhcnlmdHs_DJgr1xS_2LD_DeMm5APRk0


jeudi 20 décembre 2012

Les Clés II sont sorties !




(merci à Génie Production pour la bande annonce grandiloquente à souhait)

La première version des Clés de la Réussite - Gestion d'un cabinet d'orthophonie était sortie en octobre 2010. Deux ans et deux tirages plus tard, il fallait décider si nous laissions imprimer un troisième stock tel quel, sachant que des mises à jour avaient été mises en ligne en 2011 et 2012. Nous avons préféré mettre à jour toutes les données et englober certaines parties des PDF. Le livre contient maintenant une vingtaine de pages supplémentaires.

Outre les mises à jour des données chiffrées (ex : URSSAF, CARPIMKO, AMO, IFD, conventions collectives, impôts, maternité...), voici une liste des modifications et nouveautés :

chapitre 1 : 
  • nouvelle procédure pour les équivalences de licences de logopédie
  • avenant n°13 de la convention, créant des avantages pour ceux qui s'installent en zone très sous-dotées
  • modification des textes sur le remplacement et la collaboration
  • l'orthophoniste formateur
chapitre 2 :
  • la nouvelle cotisation aux URPS
  • CARPIMKO : nouvelles évolutions  douloureuses
  • la cotisation foncière des entreprises et les exonérations
  • le développement professionnel continu (DPC) : soviétisation de notre formation continue
chapitre 3:
  • les ARS
  • les URPS
  • liste des administrations à avertir quand on s'installe
  • aides aux regroupements
  • différence FOF / FNO
  • dérogations concernant la loi sur l'accès des locaux pour les personnes handicapées
  • la responsabilité de l'orthophoniste quand le patient est laissé seul dans la salle d'attente
chapitre 4 :
  • les 3 textes sacrés : décret de compétence, convention, nomenclature de novembre 2012
  • considérations de la Haute Autorité de Santé sur les séances de 45 minutes, trop longues pour certains patients
  • comment remplir une demande d'accord préalable
  • comment remplir le nouveau modèle de feuille de soins papier
  • refonte du texte sur le secret professionnel
  • les réseaux sociaux
  • refonte du texte sur la double prise en charge
  • le refus de soins
  • orthophonie à l'école ?
  • prise en charge sur temps scolaire
 chapitre 5 :
  • combien gagne un orthophoniste : nouvelles données qui ont permis d'affiner les calculs
  • trésorerie : les nouveaux plafonds des livrets
  • explosion de la taxation des intérêts et des plus-values : les nouvelles données sur l'épargne à court, moyen et long terme.
  • retraite Madelin : égalité hommes-femmes


Cette seconde édition est disponible sur le site de notre éditeur et bientôt chez les libraires spécialisés.


mercredi 13 juin 2012

Enfin une bonne nouvelle !




La FNO a publié hier un communiqué de presse sur l'état des revenus des orthophonistes en 2011 :

http://www.fno.fr/wp-content/uploads/2012/06/20120612_Revenus.pdf


Le texte se base sur les données d'une association de gestion (l'AGAO). Il nous apprend qu'entre 2003 et 2011, notre bénéfice moyen n'a augmenté que de 0,7 % : nous sommes passés de 2261 à 2 277 € par mois. On ne peut pas en dire autant de l'inflation, qui fut de 15 % sur la même période (source : http://france-inflation.com). Le décrochage affolant, dont j'avais parlé ici et dans les Clés de la Réussite, semble donc se poursuivre. Surtout, n'en parlez pas à votre banquier...

Mais malgré cette sinistre tendance de fond, le communiqué de la FNO recèle un élément encourageant : l'an dernier, notre revenu moyen a pris +3,2 %, alors que l'inflation s'est limitée à 2,5 %. Les orthophonistes inscrits à l'AGAO ont donc choisi de travailler plus pour gagner plus et ils y sont parvenus. L'auteur du communiqué FNO s'en prend à Nicolas Sarkozy en écrivant que "Sur la période du dernier quinquennat il apparaît clairement que, pour tenter de limiter la baisse des revenus, les orthophonistes ont dû travailler davantage." On peut néanmoins retenir que sur la fin dudit quinquennat, les orthophonistes ont su prendre leur destin en main puisque non seulement ils ont limité la baisse de leurs revenus, mais ils les ont augmentés. C'est une excellente nouvelle pour eux et pour les patients supplémentaires qui ont pu accéder aux soins.

Il reste à savoir si les orthophonistes de l'AGAO montreront le même sens de l'effort en 2012, ou si l'an dernier ne fut qu'un feu de paille.

jeudi 26 avril 2012


 Notre cher éditeur, Cit'inspir, a mis en ligne ce matin la mise à jour 2012 des Clés de la Réussite - Gestion d'un Cabinet d'Orthophonie, le livre que j'ai co-écrit en 2010 avec Véronique Le Lan. Comme l'an dernier, la mise à jour se présente sous la forme d'un PDF gratuit, à télécharger sans modération !

Vous constaterez que j'y ai inclus la mise à jour 2011, en la retouchant et en mettant tous les chiffres à jour. Vous pouvez donc jeter le PDF de l'an dernier. J'ai aussi ajouté des textes sur la clause de non concurrence, le DPC (formation obligatoire) et l'accord conventionnel qui pourrait aboutir à une revalorisation tarifaire.

http://www.citinspir.fr/

vendredi 6 janvier 2012

Les voeux syndicaux



Je commencerai traditionnellement ce premier message de l'année en vous souhaitant toute la réussite professionnelle et personnelle possible.

Madame Denni-Krichel, présidente de la FNO, a aussi exprimé ses voeux dans le périodique de la fédération :

http://www.fno.fr/wp-content/uploads/2011/12/201201_couv_edito.pdf

Fort logiquement, elle y parle du master, qui a tant mobilisé les esprits pendant tout l'automne. La FNO a fait preuve d'innovation dans ses techniques de revendication et de transmission des messages. Elle est entrée dans une nouvelle époque et parvient enfin à se faire un peu entendre par les médias. Espérons que les actions du 14 janvier montreront une mobilisation intacte : comme je l'ai écrit ici et sur Orthogestion, le schisme que nos ministres nous proposent est porteur de lourdes menaces, à moyen terme. Il est déjà évident que la création de deux métiers permettra de jouer sur les dissensions qui ne manqueront pas d'être créées. C'est de bonne guerre.

Tout ceci s'inscrit dans la logique de la loi Bachelot, qui a fourni aux gouvernements à venir un arsenal d'armes lourdes directement pointées sur les professions de santé. L'article 51 permettra aux autorités d'imaginer et d'imposer des transferts de compétences entre les métiers, comme le rappelle aussi la FOF sur son site. Il y a 2000 ans, on disait déjà "divide et impera". A présent, on dit "diviser pour mieux régner". Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Par ailleurs, l'éditorial de Madame Denni-Krichel nous apporte une petite lueur d'espoir dans un domaine nettement plus concret et immédiat : les négociations conventionnelles et tarifaires ont commencé le 20/12/11. Il est même possible qu'un accord soit signé à la fin janvier ! Mais attendons avant de sabrer le champagne :
  • J'avais expliqué ici les mécanismes qui visaient à entraver toute revalorisation tarifaire, même signée.
  • Les caisses ne nous rendront jamais le tiers de pouvoir d'achat qu'elles nous ont ôté depuis les années 80. Les années 2000 furent catastrophiques, à cet égard. Rappelons le misérable +1% de 2006, qui ne provenait que d'une ré-attribution de budgets...

Voyons les choses du bon côté. Pour ce faire, il suffit de penser à ce qui pourrait être pire. Les lettres-clés ont stagné, mais pas baissé ; nous ne sommes pas encore arrivés aux forfaits de rééducations, qui tenteraient bien certains partis pour la législature qui vient ; nous ne sommes pas encore déconventionnés ; la sécurité sociale existe encore ; la France ne se trouve pas encore en cessation de paiement.

Nicole Denni-Krichel achève son éditorial avec la photo d'une urne tenue par une élue. Cette image chargée de menaces fera peut-être réfléchir certains candidats. A défaut de sabrer le champagne, accordons-nous trois mois de rêve avant les élections.



mercredi 14 décembre 2011

Master en orthophonie : le brouillard se dissipe




Nos deux ministres de tutelle se sont exprimés hier sur Facebook en ces termes :

"Bonjour,

Nous avons reçu de votre part, et de la part d’autres orthophonistes, étudiants ou professionnels en exercice, un message sur la réforme de la formation actuellement en cours. Nous avons bien entendu les inquiétudes et les questions soulevées par cette réforme, nous savons qu’un certain nombre de contre-vérités circulent et qu’il y a au final beaucoup de confusion.

Xavier BERTRAND a donc tenu à recevoir la Présidente de la FNO il y a dix jours, et tous les deux nous tenons aussi à vous répondre directement, pour vous expliquer clairement et simplement les choses.

Vous le savez, comme nous le faisons pour tous les paramédicaux, nous rénovons la formation des orthophonistes pour la mettre en phase avec les standards européens.

Aujourd’hui comme demain, il n’y aura qu’un seul diplôme d’exercice : c’est le certificat de capacité. C’est un diplôme unique et qui le restera. De même, il n’y a qu’un seul décret d’actes, indivisible, et c’est lui qui pose le cadre de votre métier. C’est bien une, et une seule, profession. Nous ne voulons pas d’une profession à deux vitesses.

Ainsi votre formation sera mieux reconnue qu’aujourd’hui car valorisée à Master 1. Nous vous garantissons ce M1 pour tous les futurs orthophonistes, c’est-à-dire 240 ECTS, soit un potentiel de plus de 6000 heures de formation. Ainsi, la formation sera plus riche, harmonisée entre les facultés, et vous aurez en plus, des perspectives de progression universitaire d’une ampleur qui n’existait pas jusqu’à présent.

C’est une avancée pour les orthophonistes et ça ne changera rien pour les patients. Le patient est attaché à son orthophoniste et il n’y a aucune raison que cela change. Aujourd’hui comme demain, toute personne victime d’un AVC, d’Alzheimer, d’une maladie dégénérative ou toute autre pathologie pourra prendre son annuaire et choisir l’orthophoniste de son choix. Le décret d’actes ne change absolument pas. Tous les orthophonistes pourront continuer à prendre en charge tous les patients, dans tous les champs d’exercice de votre métier, en tout point du territoire, c’est une garantie absolue, et c’est essentiel pour les patients et leurs proches.

Pour autant, revenons en détail sur les deux points qui vous concernent :

1. La formation des orthophonistes sera mieux reconnue. La formation est actuellement équivalente à un BAC+2 ; elle sera désormais reconnue en BAC+4 (niveau M1) .

Nous rappelons d’abord que la formation actuelle est définie par décret. Elle comporte 2840 heures stages inclus, avec, nous ne l’oublions pas, du temps de travail personnel ; pendant longtemps, cette formation durait 3 années. Les universités ont progressivement choisi de répartir cette formation sur 4 années. Nous ne remettons pas en cause ce choix : non seulement cette durée convient à l’organisation des universités, mais en plus cela permet désormais, si l’on suit les standards européens, d’enrichir très fortement la nouvelle formation par rapport au décret précédent. En effet, la nouvelle formation vaudra 240 ECTS : c’est un progrès en terme de reconnaissance. Par conséquent, avec la formation rénovée, on a la même enveloppe (4 ans de formation), mais c’est une enveloppe qui représente vraiment Bac+4.
Nous entendons certains dire qu’il faudrait une formation de 5 ans minimum (300 ECTS, soit 9000 heures): c’est comme si tout d’un coup 4 ans ne suffisaient plus pour former de bons orthophonistes ! Nous, nous ne le croyons pas. Pour nous, les orthophonistes aujourd’hui sont déjà de vrais et de bons professionnels.

Ce qui guide notre action, en rénovant les formations initiales, ce n’est pas de rajouter toujours plus de « couches de connaissances » dans une maquette ancienne, c’est de repenser complètement la formation, pour donner des bases solides et amener l’étudiant à pouvoir entrer dans le milieu professionnel, exercer son métier et progresser tout au long de sa vie.

Nous vous disons cela en tant que ministres, chargés de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Santé, mais aussi du Travail et de l’Emploi. Notre responsabilité, c’est de favoriser la recherche et, dans le même temps, de ne pas rajouter des obstacles à l’accès à l’emploi. Or vous le savez, plus on ajoute des années d’étude pour exercer un métier, moins le métier est accessible. Nous, nous voulons que notre système de santé conserve son rôle d’ascenseur social pour ceux qui ont choisi ces métiers au service des autres, et nous devons tous ensemble préserver la diversité du recrutement sur les métiers de la santé. D’ailleurs, la formation d’orthophoniste est déjà très sélective.


2. La nouvelle formation offre des perspectives de progression universitaire qui n’existaient pas jusqu’à présent, à travers la construction de masters 2. De quoi parle-t-on exactement ? On parle de formations complémentaires. Disons le très clairement : les formations complémentaires, les orthophonistes en font beaucoup déjà aujourd’hui.

Plusieurs d’entre vous nous disent d’ailleurs que ces formations servent à pallier l’insuffisance de leur formation initiale, c’est bien pour ça qu’il nous faut la réformer et l’enrichir, c’est ce que nous allons faire ensemble avec la formation amenée au niveau M1.

D’autres orthophonistes nous disent aussi qu’ils suivent des formations, parfois de très haut niveau, à titre de complément, pour approfondir un sujet qui les intéresse particulièrement. Aujourd’hui, ces formations complémentaires ne bénéficient pas forcément d’une reconnaissance universitaire, alors qu’elles pourraient donner lieu à la construction de masters 2. C’est cela que nous proposons : offrir la possibilité, à ceux qui ont envie de s’inscrire dans un parcours de formation complémentaire, d’accéder à des formations reconnues par les universités, de formations M2, qui seront donc accessibles tout au long de la vie. Ca aussi, c’est une chance pour tous les orthophonistes.
C’est notre devoir d’accompagner cette aspiration, parce que c’est un progrès pour la profession. C’est notre devoir de reconnaître et d’entendre ceux qui veulent faire évoluer la recherche et les pratiques de leur profession, et qui donc aspirent à un parcours universitaire complémentaire par rapport à la formation destinée à l’exercice. Et le M2, c’est une étape dans ce parcours, c’est l’occasion pour certains orthophonistes d’aller plus loin dans la recherche, et de bénéficier d’une « marche » intermédiaire jusqu’au doctorat.

Enfin, ces formations complémentaires de niveau M2, c’est aussi la possibilité d’aller dans le sens du rapport Hénart-Berland-Cadet, et donc d’aller encore plus loin. Vous le savez, ce rapport propose de confier encore davantage d’autonomie et de responsabilité à certains professionnels formés notamment à pratiquer des actes réservés jusqu’alors aux personnels médicaux Ces compétences-là, qui permettent d’étendre encore le champ des professions comme la vôtre, nous pensons qu’elles justifieraient des formations supplémentaires.

Soyons clairs : ce n’est pas un orthophoniste qui fera concurrence à ses
collègues, c’est un orthophoniste qui fera un nouveau métier (le rapport propose le terme de « paramédicaux praticiens ») : il sera chargé, par exemple, de gérer un réseau de prise en charge. C’est cela qu’on appelle les pratiques avancées, ce sont des nouveaux champs de compétence à conquérir, et, nous, nous croyons que les paramédicaux méritent que l’on prête attention à cette demande, nous pensons qu’elle est légitime, que nous devons donc y réfléchir ensemble et expérimenter ce que ça peut donner concrètement. Pour conclure, il nous faut être tous très attentifs à un objectif essentiel : celui consistant à offrir aux étudiants, dès la rentrée 2012, la nouvelle formation, afin que la promotion 2012-2016 ait un certificat de capacité pleinement reconnu au niveau européen. Pour cela, la nouvelle maquette doit être finalisée très rapidement. Nous comptons sur les membres du groupe de travail pour se réunir très vite, parce que c’est dans l’intérêt de tous les orthophonistes. Le ministère chargé de la Santé, tout comme celui chargé de l’Enseignement supérieur, auront toujours la volonté de dialoguer. Quant au travail sur les masters 2, si la profession n’est pas prête à y aller, nous l’attendrons.

Xavier BERTRAND Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
Laurent WAUQUIEZ Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche"


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Cette lettre me paraît rassurante pour le court terme. Il se confirme bien que nous ne perdrons ni la neuro ni l'ORL en 2012. Concernant les 30 ECTS supprimés de la formation initiale, on peut aussi discuter comme des marchands de tapis sur le nombre d'heures de travail personnel, bien que cela ait déjà été fait avec une méthodologie officielle que la FNO n'a pas sortie de son chapeau. Personnellement, ce n'est pas la 4ème année que j'ai trouvée vide, ce sont les 1ère et 2ème. Mais on ne peut pas généraliser parce que c'était dans une école parmi 12 et que nous étions au début du passage à 4 ans d'études. En revanche, ce qui a été dit au ministère sur nos mémoires de fin d'études constituait une véritable insulte. Passons sur tout ça : discuter à n'en plus finir sur 30 ECTS en plus ou en moins, cela nous donne des arguments sur la qualité des soins, mais les ministères y sont hermétiques.

A moyen terme, je trouve la création d'un second métier extrêmement dangereuse, parce qu'il sera très facile de remettre en cause le décret de compétences et la nomenclature. N'importe quel apprenti sorcier, successeur de Xavier Bertrand, pourra transférer nos compétences sur les M2, ou sur un 3ème métier qu'il créerait par la suite.

Imaginons par exemple qu'on leur transfère simplement le bilan, comme le disait Marc Le Fur la semaine dernière. S'il y a 5 ou 6 M2 par département, ils s'agglutineront dans les grandes villes, comme toujours, avec d'énormes listes d'attente. Les orthophonistes ruraux seront alors les premiers à faire faillite, parce qu'une bonne partie des gens refusera d'aller à Big City : 100 km pour un bilan, tout le monde n'est pas prêt à les parcourir. Les orthophonistes urbains seront aussi coincés, à cause des listes d'attente des M2.

Imaginons aussi qu'on nous retire le langage écrit, pour le donner à un 3ème métier : faillite aussi, du jour au lendemain.

Voilà pourquoi je suis extrêmement inquiet. Pas pour le court terme, mais pour le moyen terme. Maintenant, il semble que les positions respectives tendent à se raidir. Les ministres ont clarifié le court terme et ne souhaitent plus discuter d'autre chose que du nouveau métier qu'ils veulent créer. La FNO ne démord pas de sa position éternelle, à raison. Ce n'est pas de l'hystérie, comme on a pu le lire ici ou là. Il s'agit de la préservation de notre avenir. Les ministres peuvent toujours chercher à nous rassurer sur le court terme, pour nous anesthésier. Sachons voir les conséquences lointaines de leurs agissements potentiellement mortifères.

mardi 11 octobre 2011

Bravo l'artiste




Vous le savez, les orthophonistes ont manifesté jeudi pour que leur formation initiale soit reconnue au niveau master. Ce fut l'occasion d'assister à un impressionnant "haka des logatomes" où vous reconnaîtrez peut-être quelques célébrités :

http://www.youtube.com/watch?v=XbE11zdxWHg

A l'issue de ce défilé qui a rassemblé environ 10% de la profession, une délégation syndicale a été reçue par des représentants des ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Dans leur communiqué commun, les syndicats nous racontent cet événement :
  1. "La délégation a exprimé la volonté commune de l’ensemble de la profession et des étudiants en orthophonie pour l’obtention du Master en Orthophonie, seul niveau compatible avec :

    • - Une formation initiale de qualité,

    • - Les compétences actuelles des professionnels,

    • - La qualité des soins prodigués aux patients.

      Malheureusement les représentants des ministères n’étaient pas mandatés pour donner la réponse tant attendue !

      Sous la pression de la profession mobilisée et de la délégation, ils se sont engagés à donner une réponse au plus tard le 4 novembre 2011, date à laquelle la même délégation sera reçue."


Notons qu'en creux, les syndicats affirment que la formation actuelle est de mauvaise qualité et que les soins prodigués aux patients par les jeunes diplômés ne sont pas de qualité.

Le lendemain, Xavier Bertrand s'est rendu à la journée de rentrée du CNPS. Remonté comme une pendule, il s'est montré mordant sur tous les dossiers. Philippe Pénigault, de la FNO, l'a interpellé sur le dossier du master. Voici une transcription de la réponse du ministre :

"Xavier BERTRAND rappelle que le dossier des orthophonistes connaît aujourd’hui des difficultés parce qu’un haut représentant du ministère de l’enseignement supérieur a donné, dès le mois de mars, une position qu’il a présentée comme officielle et définitive alors qu’il n’avait pas qualité pour s’engager. Depuis lors, l’opinion estime que le ministère de la santé traîne les pieds. Il convient toutefois de régler l’ensemble des dossiers pour toutes les professions en parallèle. Xavier BERTRAND estime que cela n’a que trop duré. C’est la raison pour laquelle il a fixé la date butoir du 4 novembre. Il précise que le contenu doit être celui qui est nécessaire à l’exercice."

Autrement dit, il refuse de négocier uniquement avec les orthophonistes. C'est une technique connue. D'autre part, il anéantit tous les espoirs suscités par la décision du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui s'était prononcé au printemps en faveur du master. C'était apparemment le fait d'un simple lampiste sans habilitation ; peut-être une secrétaire, ou le laveur de vitres du ministère ? Si la décision du 4 novembre s'avère favorable (rêvons un peu), pourra-t-on considérer qu'elle l'est vraiment ?
En outre, comment peut-on croire que M. Bertrand aura fini de négocier en 4 semaines avec "toutes les professions", comme il dit ?

Ce dossier nous donne un cours de manœuvres dilatoires. Saluons tous les artistes qui se sont succédé au ministère de la Santé depuis tant d'années, que ce soit sur le master ou sur le décrochage des tarifs par rapport à l'inflation.

lundi 3 octobre 2011

Pétition en ligne pour le master




Vendredi, la FNO a mis en ligne une pétition pour le master. N'hésitez pas à cliquer ICI pour la signer.

Bien évidemment, ce type d'action est complémentaire de la manifestation de jeudi à Paris, à laquelle appellent la FNO, la FOF et les centrales syndicales de salariés. Il serait préférable que LES DEUX aient du succès. Comme disait mon professeur de mathématiques, c'est une condition nécessaire mais non suffisante (malheureusement).

lundi 21 mars 2011

Les Clés de la Réussite : Mise à jour


A l'intention des lecteurs du livre "Les Clés de la Réussite - Gestion d'un cabinet d'orthophonie", la mise à jour est en ligne !

Nous avons commencé à écrire le manuscrit il y a déjà un an. Les choses évoluant à un rythme soutenu, nous avons jugé utile de répertorier une série de nouveaux points à connaître. Citons par exemple :

  • la nouvelle procédure de demande d'équivalence d'un diplôme européen
  • les chiffres 2011 de la CARPIMKO, de l'URSSAF des débutants, de l'allocation de maternité, de l'ONDAM, du crédit d'impôt pour formation, des conventions collectives, du plafond Madelin, du Micro-BNC, etc...
  • une description du rôle et du fonctionnement des nouvelles Agences Régionales de Santé (ARS) et des Unions Régionales des Professionnels de Santé (URPS)
  • la taxation des feuilles papier
  • la demande d'accord préalable, qui remplace la demande d'entente préalable
  • les réseaux sociaux et le secret médical
  • les nouveautés fiscales
Vous trouverez cette mise à jour en vous rendant sur la page de notre cher éditeur :

http://www.citinspir.fr/gestion-de-cabinet/les-cl%C3%A9s-de-la-r%C3%A9ussite/flypage.pbv.v2.tpl.html


Le livre lui-même a fait l'objet d'un second tirage. Vous pouvez vous le procurer chez Cit'inspir, chez Mot à Mot ou à la Ronde des Mots.

lundi 4 octobre 2010

LES CLES DE LA REUSSITE

C'est le coeur étreint par l'émotion que je vous annonce la sortie du livre que je viens de publier avec ma consoeur Véronique Le Lan :


Pascale Célèrier, l'auteur des célèbres Supports Verbaux en Orthophonie, a écrit notre préface, ce dont je ne suis pas peu fier.

Le but de cet ouvrage est de synthétiser et de réactualiser tout ce que j'ai écrit ici depuis deux ans, mais aussi d'y ajouter des sujets que je n'avais pas encore traités, comme l'attitude que nous devons adopter face à la maltraitance. Il est donc question du nerf de la guerre, mais aussi de tous les autres aspects concrets de la gestion d'un cabinet. Voici le sommaire (cliquez ici pour l'agrandir) :


Cet ouvrage est d'ores et déjà disponible aux éditions Cit'inspir :

lundi 3 mai 2010

Serions-nous victimes d'un écran de fumée ?




Voici un édito de Jacques Attali, paru ce matin sur son site :

http://www.attali.com/ecrits/articles/macro-economie/agissez


Comme vous le constaterez, cela tranche singulièrement avec l'optimisme ambiant que l'on entend depuis quelques jours : les décisions européennes majeures que l'on nous décrit seraient en fait un vaste écran de fumée. Jacques Attali tente toujours d'avoir un point de vue original et visionnaire sur toute chose. En l'occurrence, ce qu'il écrit mérite vraiment d'être lu, à mon humble avis : cela concerne tous les Européens, y compris les paramédicaux que nous sommes.

"Pendant que les dirigeants européens s’éparpillaient, les uns dans des débats électoraux pathétiquement futiles, les autres dans des voyages sans urgence chez le nouveau maitre chinois, les marchés, (à qui nous avons tous été bien contents d’avoir recours, pendant des années, pour leur emprunter de quoi maintenir un train de vie que notre travail ne justifiait plus) ont commencé à nous demander des comptes.


Personne n’était là pour leur répondre : Comment a-t-on osé ne rien faire, alors qu’on s’était empressé de sauver notre système financier? L’Europe est-elle, pour les Européens, moins importante que ses banques ?

Il aura fallu qu’on approche de la catastrophe, en Grèce, pour qu’on prenne, dimanche dernier, quelques semblants de décisions, échangeant une aide de l’Union européenne et du FMI contre des économies budgétaires hellènes. Des décisions inapplicables : Jamais les Grecs, en effet, ne mettront en œuvre un programme d’austérité aussi sévère que celui qu’on prétend leur imposer. Cela tombe bien : jamais les autres Européens n’ont eu l’intention de leur verser l’argent qu’ils leur promettent aujourd’hui : chacun des gouvernements de l’Union, en effet, comme chacun d’entre nous, sentant que le pire s’annonce, préfèrera garder pour lui-même le peu d’argent qu’il a (ou qu’il pense pouvoir encore emprunter).

La solution ne consiste donc pas à prêter à la Grèce un argent qu’on n’a pas, en s’endettant d’avantage : la Grèce devrait-elle demain prêter au Portugal, l’argent que la France lui prêterait aujourd’hui ? Absurde !

Les Européens semblent ne pas réaliser que les Américains comme les Chinois se préparent, eux, à sortir de la crise par une combinaison d’investissements, de dévaluation, d’inflation et d’économie de guerre, dont nous serons les principales victimes. Ils ne réalisent pas que ces deux principaux acteurs du monde se sont donné une gouvernance efficace : Les Chinois ont donné tout pouvoir à un parti ; les Américains ont confié l’essentiel des manettes à leur Banque Centrale : Mr. Hu Jin Tao et Mr Bernanke sont, aujourd’hui, les deux vrais maitres du monde.

L’Europe ne peut pas faire de même : personne n’y accepterait, et c’est heureux, une dictature du prolétariat ou, encore moins, de Jean Claude Trichet.

Si l’on veut pourtant éviter le désastre, nous avons besoin de voir les chefs d’Etat de nos pays se réunir demain, après demain, sans fin, comme ce fut le cas en 2008 sous présidence française, pour agir et se doter d’une capacité d’emprunt en bons du trésor européens, qui trouveraient immédiatement preneurs, et qui suffiraient à mettre fin à cette crise, en donnant le temps d’agir sur l’essentiel, c’est-à-dire le désordre des dépenses publiques, l’absence de coordination fiscale et de réglementation bancaire.

C’est possible. Il suffirait de décider, dès demain, de la création d’un Agence Européenne du Trésor, immédiatement autorisée à emprunter au nom de l’Union, et d’un Fond Budgétaire Européen, immédiatement mandaté pour contrôler les dépenses budgétaires des pays dont la dette dépasse les 80% du PIB.

Si les dirigeants européens n’agissent pas en ce sens au plus vite, ils seront emportés par l’avalanche. Et nous, pour un moment, avec eux."

mardi 12 janvier 2010

LE FORUM EST EN LIGNE !




Voilà, c'est fait !

J'ai créé le forum Orthogestion (étymologiquement : "gestion correcte"), prolongement de ce blog. Vous pouvez mémoriser son adresse :

http://orthogestion.forumactif.net


Comme je l'écrivais dimanche, ce forum est votre espace. Il va vous permettre de donner des infos ou de poser des questions sans passer par moi. La structure centralisée du blog ne permet pas ces échanges multilatéraux, malgré la possibilité de commenter mes posts.

Venez donc discuter des problématiques administratives, de la sécurité sociale, de la déontologie, mais aussi du nerf de la guerre, sans honte ni tabou. Si vous avez des idées d'amélioration, n'hésitez pas à les écrire ici en commentaire ou à m'envoyer un message privé sur le forum !

Je m'attelle maintenant à l'autre idée que j'avais dimanche : la création d'un index de mes articles.

dimanche 10 janvier 2010

Idées d'évolution




En ce début d'année, plusieurs idées me viennent quant à l'évolution de ce blog. J'en retiens deux, que je soumets à votre sagacité :
  1. Créer une page Index. Je vois souvent sur les forums des questions auxquelles j'ai déjà répondu ici. Je reçois aussi de fréquents emails du même ordre. Cela prouve que le nombre d'articles est devenu trop grand pour que l'on puisse s'y retrouver, malgré le tri par catégories que j'avais ajouté l'an dernier. Je vais donc créer une page "Index", probablement classée par thèmes, que je mettrai à jour au fur et à mesure.
  2. Créer un forum. Cette idée m'est souvent soumise depuis un an et demi que ce blog existe. Cela permettrait de ne pas faire remonter les questions uniquement vers moi, mais vers tous les lecteurs. Je n'ai pas réponse à tout, même si j'aime bien chercher les réponses que je n'ai pas d'emblée. Ce forum pourrait être ouvert à tous les paramédicaux libéraux conventionnés : ils partagent des préoccupations communes. Je pourrais, là aussi, créer des sous-forums thématiques. Jusque là, je pensais qu'il existait suffisamment d'espaces de discussions entre professionnels. Mais les listes de discussion comme NPLO ou Ortho sont axées sur les problématiques cliniques. Les forums de la FNO ne le sont pas, mais ils sont fermés à tous ceux qui ne sont pas syndiqués et c'est bien logique : il faut bien qu'une cotisation à 216 € (bulletin téléchargeable ici, mais ne croyez pas que j'aie droit à une commission) donne droit à certains privilèges. Je pense donc qu'il y a de la place sur l'internet pour un forum indépendant qui parlerait de tout ce qui n'est pas clinique : gestion perso et pro, sécurité sociale, déontologie...

N'hésitez pas à commenter ces deux idées en cliquant ci-dessous.

lundi 23 novembre 2009

Idée de dépense déductible




En cette fin d'année, il peut être utile de faire quelques frais professionnels pour abaisser le bénéfice imposable. Bien entendu, tant qu'à effectuer une dépense pro, autant joindre l'utile à l'agréable.

Je voudrais vous faire partager un coup de coeur pour un livre qui vient de sortir et que vous pourrez utiliser en séance (si vous êtes orthophoniste), mais où vous apprendrez aussi forcément quelque chose :

Le Ciel et les Etoiles sans Complexe, d'Alain Lecavelier des Etangs et Emilie Martin, aux éditions Hugo & Cie. Illustrations (nombreuses) du talentueux Philippe Coudray.

Ce bel ouvrage, écrit par un chercheur au CNRS et une journaliste scientifique, répond de manière très accessible aux grandes questions que posent les enfants de 7 à 77 ans, dès qu'ils lèvent la tête. Questions auxquelles nous sommes souvent bien embarrassés pour répondre : pourquoi le ciel est-il bleu ? qu'est-ce qu'une étoile ? comment la lune est-elle née ? pourquoi change-t-elle d'apparence chaque jour ? y a-t-il de l'eau et de la vie sur Mars ? sommes-nous seuls ? etc... Le talent de vulgarisateur des auteurs est patent : ils savent mettre leur savoir à la portée du profane.

Le tout est regroupé en 7 chapitres thématiques, où l'on peut piocher comme dans un guide pratique. Chaque question traitée peut servir de support pour une séance de rééducation du langage écrit, notamment avec des adolescents ou des adultes. Il est souvent difficile, avec ces patients, de trouver un support qui les intéresse et qui se situe à mi-chemin de l'article de presse et de la grande littérature (qui reste pour certains comme une langue étrangère). Le style des illustrations m'évoque fortement la période "noir et blanc" d'Hergé. Elles apportent une forte touche d'humour qui peut, elle aussi, constituer un axe de travail.

Nous tenons donc là un outil intéressant à plusieurs titres (et déductible).