
"Je n’y comprends rien comme d’habitude, à part que je vais payer plus."
Vous pouvez stocker ce tuto pour l'an prochain. Et si vous comprenez déjà tout à votre avis de Carpimko, vous pouvez passer sans hésiter à la section suivante de ce mail.
Commençons par une vue d'ensemble :

On voit qu'il y a 4 régimes :
- Régime de base : 2 cotisations en haut, 2 cotisations plus bas parce que c'est le seul régime qui pratique des acomptes (ce qu'ils appellent "régime de base provisionnel) et des régularisations, comme à l'Urssaf et avec l'impôt sur le revenu.
- Régime complémentaire : 2 cotisations.
- Avantage social vieillesse : idem
- Régime invalidité décès : 1 seule cotisation, qui a pris +19 % sans coup férir cette année.

Trop tard, je continue.

8,23 % + 1,87 % de ce revenu, donc 3 371 + 766 €.

Pour la collègue : (40964 - 25246) x 3 % = 471 €.




Ces 5 lignes concernent le régime de base de l'an dernier. Maintenant que la Carpimko connaît le revenu de la collègue, elle constate qu'en fait il manquait 881 €. Elle a plus travaillé en 2023 qu'en 2022, donc on vient lui rechercher 10,1 % du surplus
(8,23 % + 1,87 %).

Ici on additionne le total de 2024 (calculé plus haut) avec la régularisation 2023 :
8069 + 881 = 8 950 €. Il manque "s'il vous plaît".

Ensuite on lui annonce l'échéancier de 2025 qui sera forcément faux :
- la Carpimko aggravera son barème en janvier ;
- la collègue ne gagne pas exactement la même chose tous les ans.
Voilà. J'espère ne pas vous avoir endormi(e). Sinon je vous envoie Minouche.

On se retrouve avec une usine à gaz, comme à l'Urssaf et avec l'impôt sur le revenu. Je n'ai pas mis mon nez là-dedans par masochisme, mais dans l'état d'esprit de celui qui attaque un Sudoku. A la base je voulais comprendre pour coder mon appli Carpimko pour iPhone et Android (qui n'est plus mise à jour parce que des simulateurs officiels existent).
Pourquoi s'embêter avec ça ?
Question judicieuse, je me remercie de l'avoir posée (quel melon hein) : après tout, il faut payer, on n'a aucun levier contre ça. Alors pourquoi dépenser de l'énergie mentale pour chercher à comprendre ?
Déjà, je détesterais qu'on me prenne l'équivalent d'une Dacia Sandero par an sans que je sache pourquoi.

Je veux bien offrir cette merveilleuse voiture roumaine à nos anciens, mais en comprenant la mécanique, ne serait-ce que pour savoir combien on va me ponctionner si je travaille plus ou si je réduis mon activité.
Pour bien piloter sa barque, il faut aussi savoir à quel moment tombera la sanction si on décide de soigner plus de gens ou de fabriquer des revenus pro annexes. Comme on l'a vu, les quatre régimes ne se comportent pas de la même manière sur ce plan. Le plus dangereux est le régime de base, piloté par la Cnavpl dont la Carpimko est membre. Notez en passant que c'est ce régime qui finance les vieux notaires, entre autres métiers à la pyramide des âges dégradée.
Restent trois questions :
- Est-ce que ça augmentera même si je gagne exactement la même chose que l'an dernier ? 👉 Oui, parce que les cotisations indépendantes des revenus augmentent chaque année de manière démentielle et parce qu'une grosse du régime complémentaire a été annoncée. Il faut bien financer les nouvelles dépenses que la Carpimko a mises en place cette année.
- Faut-il faire confiance aux camarades syndicalistes qui cogèrent la Carpimko ? 👉 Oui, si on a les mêmes opinions pro-retraite par répartition qu'elles. Pour les connaître, je vous renvoie à la newsletter de jeudi dernier.
- Que peut-on faire si on n'a pas les mêmes opinions qu'elles ? 👉 Pas grand-chose : on ne peut pas faire changer d'avis des militants. S'ils militent, c'est parce qu'ils sont sûrs d'être dans la vrai. Et quand en plus il y ajoutent des arguments moralisateurs, vous savez que c'est fichu d'avance. S'ajoute à cela le rôle des autorités de tutelles qui pensent la même chose.

On peut donc encore forger un second pilier, comme disent les Suisses. C'est pour ça que je parle inlassablement du vaste éventail de solutions (immo, prévoyance, livrets, assurance vie, PEA, défiscalisation...) depuis l'ouverture de mon blog en 2008. Il faut aussi comprendre ce système-là quand on se défie du système des collègues bienveillantes qui veulent faire notre bien à notre place. Mais qui font surtout le bien des retraités actuels qui ont moins cotisé que nous.