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vendredi 30 janvier 2009

Retraite : les prestations 2009



Cela fait quelques jours que je compare la CARPIMKO de 2008 avec celle de 2009. J'ai commencé par les cotisations (en bouillant intérieurement). Hier, j'ai parlé des prestations du régime invalidité-décès, qui ont augmenté de 3%. Voyons aujourd'hui ce que touchent nos collègues retraités.

  1. Régime de base (voir ici pour le mode de calcul) : le point de retraite passe de 0,518 à 0,522 €, soit une augmentation de 0,77%.
  2. Régime complémentaire (voir ici pour le mode de calcul) : le point passe de 17,48 à 18 €, soit une augmentation de 2,98 %.
  3. Régime des praticiens conventionnés (voir ici avant la navrante réforme 2008, ici maintenant). Le point acquis avant 2006 reste à 2,60 €. Le point acquis depuis 2006 passe de 2,60 à 1,20 €, soit une PERTE de 54% ! Pendant ce temps, les cotisation à ce régime explosent. J'espère que c'est notre contribution au redressement des comptes du pays.
Les retraités ne suivent donc pas aussi bien l'inflation que les malades et les familles des collègues décédés. Seul le régime complémentaire joue presque le rôle d'un vase communicant : nous payons 3,2% de plus et nos aînés sont augmentés de 2,98%. Au total, la CARPIMKO appauvrit ceux qui travaillent (voir ici), mais ses retraités décrochent aussi fortement par rapport à l'inflation, quand on additionne les 3 régimes. On peut lui faire confiance pour nous asphyxier durant notre carrière, sans chercher à savoir si les lettres-clés suivent ; puis pour nous faire perdre toujours plus de pouvoir d'achat après 65 ans. Décidément, mieux vaut épargner soi-même que compter sur ce système obligatoire

jeudi 29 janvier 2009

Invalidité-décès : les prestations 2009




J'ai donné le 25 août dernier les montants 2008 de ce que la CARPIMKO nous verserait en cas de maladie, d'invalidité ou de décès. Etant un peu pressé, ce soir, je vais copier-coller mon article de 2008 en y mettant les montants 2009. Je finirai par un petit commentaire sur l'évolution.

Chaque orthophoniste libéral verse une cotisation forfaitaire annuelle, qu'il peut mensualiser, au régime Invalidité-Décès de la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs Kinésithérapeutes, pédicures podologues, Orthophonistes et orthoptistes (CARPIMKO). Cette année, le montant est de 654 € (voir l'article d'avant-hier), pour obtenir le droit aux prestations suivantes :

  • Incapacité temporaire de travail : de 0 à 90 jours d'incapacité de travail, l'orthophoniste ne touche RIEN ! De 91 à 365 jours, l'allocation journalière est en 2009 de 45,21 €, majorée de 8,22 € pour conjoint, enfants à charge ou « infirmes ». La majoration est de 16,44 € pour tierce personne à charge.
  • Invalidité partielle : à partir du 366ème jour d'incapacité supérieure ou égale à 66%, la rente d'invalidité partielle est de 6 165 € par an, sans majoration possible.
  • Invalidité totale : à partir du 366ème jour d'incapacité totale professionnelle, la rente d'invalidité totale est de 12 330 € par an. Elle est majorée de 6 165 € pour conjoint ou tierce personne, enfants ou descendants à charge ou infirmes (le terme n'est pas de moi).
  • Décès : la CARPIMKO verse une rente et un capital. La rente annuelle de survie est de 8220 € pour le conjoint. La rente annelle d'éducation des enfants est fixée à 6 165 €. Le capital décès est de 8 220 € pour le conjoint, mais de 12 330 € s'il lui reste des enfants à charge. Ce capital n'est que de 4 110 € pour une personne autre que le conjoint.

On constate donc que les protections invalidité et décès de la CARPIMKO représentent des montants qui ne permettent pas du tout de maintenir le train de vie antérieur : un orthophoniste célibataire peut passer de 50 000 € annuels à 12 330 € (1 027,50 € seulement par mois), donc à un revenu proche du SMIC !

Pour remédier cette situation très risquée, il existe plusieurs solutions : souscrire un contrat d'assurance couvrant ces risques (déductible en loi Madelin), se créer une trésorerie suffisante pour amortir ce choc, ou investir dans l'immobilier (en direct, en SCI ou en SCPI). En cas d'invalidité totale ou de décès, les emprunts bancaires sont soldés par l'assurance du prêt et les loyers constituent un revenu.

Concernant l'évolution 2008 -> 2009, tous ces montants ont augmenté de 3 %. La CARPIMKO choie les malades et la famille des confrères décédés : ce qu'elle leur donne suit l'inflation. Mais elle se rattrape sur les cotisants dont les revenus ont été augmentés de 0%. L'effort n'est pas du tout partagé entre les cotisants et les bénéficiaires ! Nous verrons demain si les retraités de la CARPIMKO bénéficient des mêmes largesses.

mercredi 28 janvier 2009

CARPIMKO : cotisations des débutants



Contrairement à ce que j'écrivais hier soir, je parlerai des prestations 2009 de la CARPIMKO demain. Suite à une question de Sophie (merci à elle), je trouve plus logique de parler des cotisations 2009 que vont payer les débutants. Hier, j'ai seulement parlé de ce qui attend ceux qui ont atteint leur troisième année d'activité.

Voici ce qui vous attend si vous effectuez en 2009 votre première ou deuxième année :

1) Régime de base de la CARPIMKO :

Comme pour l'URSSAF, la cotisation provisionnelle est basée sur un revenu fictif, puisque la CARPIMKO ne connaît pas encore votre bénéfice réel.

La première année, il est estimé à 6 801 € et on vous en prend 8,6%, donc 585 €.
La deuxième année, il est estimé à 10 101 € et on vous prend donc 869 €.
En 2011, la CARPIMKO effectuera un rattrapage en fonction des vrais revenus de 2009. Si vous dépassez 29 162 € dès cette première année, vous aurez l'honneur de payer, lors de ce rattrapage, la cotisation à 8,6% et celle à 1,6%.

Si vous pensez que vous serez en-dessous de l'estimation forfaitaire (6801 puis 10101 €), vous pouvez l'écrire à la CARPIMKO. Vous avez 60 jours pour le faire après avoir reçu son appel de cotisation. La caisse ne vous prendra que 150 € pour le régime de base. Mais si vous dépassez finalement l'estimation forfaitaire, contrairement à vos prévisions, ils vous appliqueront une pénalité de 10%. Et je doute qu'ils daignent vous remercier pour cet effort supplémentaire.

2) Régime complémentaire :

Vous ne payez que la cotisation forfaitaire de 1024 €. Vous échappez à la cotisation proportionnelle aux revenus.

3) Régime des Praticiens Conventionnés :

Vous paierez cette année la même cotisation que tous vos collègues : 167 €

4) Régime invalidité décès :

Forfaitaire également : 654 € comme tout le monde.


Résumons

Première année : Total CARPIMKO = 585 + 1024 + 654 + 167 = 2430 €
Deuxième année : Total CARPIMKO = 869 + 1024 + 654 + 167 = 2714 €
Le tout avec un rattrapage en 2011 concernant le régime de base.

Ces montants feront peut-être bondir les plus jeunes d'entre vous, d'autant qu'ils viennent s'ajouter à ceux de l'URSSAF dont j'ai parlé vendredi dernier. Les cotisations CARPIMKO comportent une importante partie indépendante des revenus, qui frappe donc fort sur les débutants et ceux qui travaillent peu. Mais ce système incite aussi à travailler, pour réduire la part des charges fixes. En ce sens, il est impitoyable mais moral (je sais, c'est paradoxal). C'est l'augmentation des cotisations sans augmentation des lettres-clés, qui est immorale (voir l'article d'hier).

mardi 27 janvier 2009

CARPIMKO 2009 : notre tonneau des Danaïdes



Fin août, j'avais décrit les différents régimes de la CARPIMKO et donné les tarifs de leurs cotisations. Maintenant que nous avons changé d'année, j'ai cherché à savoir si les cotisations avaient augmenté. Dans un monde meilleur, on aurait pu imaginer qu'elles soient gelées, puisque nos lettres-clés n'ont pas bougé d'un iota en 2008.

Voici donc, régime par régime, ce à quoi nous serons soumis cette année par notre caisse de retraite obligatoire, ainsi qu'une comparaison avec 2008 :

Régime de base
: le fonctionnement est semblable à celui de l'URSSAF, avec une cotisation provisionnelle et une régulation quand les revenus réels sont connus.
  1. Cotisation provisionnelle 2009 : une première tranche taxe à 8,6% nos revenus de 2007 compris entre 0 et 29 162 €. Entre 29 162 € et 171 540 €, le taux n'est que de 1,6%. Il est juste dommage que nous ne puissions pas dépasser 171 540 € de bénéfice, dans nos métiers...
  2. Cotisation de régulation : elle compare les sommes versées en 2007 et les ajuste en fonction des revenus réels de cette année-là. Ici, la tranche à 8,6% va de 0 à 27 356 € et la tranche à 1,6% va de 27 356 à 160 920 €.
Donc les taux du régime de base ne changent pas, ce qui est une bonne nouvelle. Mais la limite entre la tranche à 8,6% et celle à 1,6% augmente de 3,1% : elle était à 28 285 € l'an dernier. On déplace les tranches sans que nos revenus aient pris ces 3,1%... Autrement dit : certains revenus étaient taxés à 1,6% l'an dernier et le seront à 8,6% cette année, parce qu'ils sont rattrapés par la première tranche. C'est comme ça tous les ans !

Régime complémentaire : ici, il y a aussi deux cotisations.
  1. Cotisation forfaitaire, donc indépendante du revenu. Celle-ci est douloureuse pour les débutants. Elle vient de passer de 992 à 1024 €, en hausse de 3,2%.
  2. Cotisation proportionnelle aux revenus compris entre 25 246 et 119 113 € : le régime complémentaire taxe ces revenus à 3%. Etrangement, le seuil d'entrée dans cette cotisation ne monte pas : cela permettrait à certains d'y échapper, pour ne payer que les 1024 € de la cotisation forfaitaire. En revanche, le plafond augmente de 2,5%. Avec ce système, à tous les coups l'on perd.
Régime des praticiens conventionnés : il n'y a pour l'instant qu'une cotisation forfaitaire de 167 €, dans ce régime de retraite qui fut excellent jusqu'en 2007. Elle fut de 133 € l'an dernier, donc la hausse est de 26% !?!

C'est le résultat de la réforme catastrophique pour nous, appliquée l'an dernier à ce régime de retraite. Le pire est à venir : l'an prochain, nous aurons la joie d'accueillir une cotisation proportionnelle au revenu, en plus des 167 €.

Régime invalidité décès : ici aussi, il n'y a qu'une cotisation forfaitaire pour l'instant. Elle passe de 646 à 654 €, en hausse de 1,2%. Enfin une hausse raisonnable ! Mais peut-il exister une hausse raisonnable quand nos revenus sont immuables ?

Je regarderai demain si les prestations suivent cette évolution. La CARPIMKO n'hésite pas à nous taxer sans chercher à savoir si nos revenus suivent. Espérons au moins que ce soit au bénéfice de nos aînés et de nos confrères malades...

lundi 26 janvier 2009

Sommes-nous de bons petits soldats ?




Voici un article intéressant d'Agnès Bourguignon, du Quotidien du Médecin, daté de jeudi dernier :

"Les dépenses maladie progresseraient de + 3,1 % en 2008 Les dépenses d’assurance-maladie du régime général ont progressé de + 4 % sur l’ensemble de l’année 2008, tous secteurs confondus, selon les dernières statistiques provisoires de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) publiées jeudi. Mais ce taux brut, explique la CNAM, est ramené à + 3,1 % si l’on enlève l’impact ponctuel de la récupération d’avances aux établissements de santé faites à l’été 2007. La caisse fait valoir que le taux d’évolution des remboursements serait même réduit à + 2,9 % en 2008 par rapport à 2007 dans le champ de l’Objectif national de dépenses d’assurance-maladie (ONDAM), dans la mesure où les dépenses des établissements médico-sociaux, qui dépassent l’ONDAM, incombent non pas au régime général d’assurance-maladie mais à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Toutefois, ces chiffres provisoires de la CNAM ne tiennent pas compte des soins réalisés en 2008 qui sont remboursés seulement au début de cette année. En fonction de la tendance enregistrée à fin décembre, les soins de ville augmenteraient de + 2,3 % en 2008 (au lieu de + 4,5 % l’année précédente, en données corrigées des jours ouvrés). C’est la résultante de plusieurs facteurs. Tout d’abord, les honoraires remboursés aux médecins généralistes ont augmenté modérément (+ 1,1 % en 2008, contre + 3,6 % en 2007, année de revalorisation de leur consultation à 22 euros), tandis que les dépenses de spécialistes sont à +2,9 % (+2,4 % en 2007). Il y a une diminution des dépenses d’analyses biologiques (- 0,2 % en 2008 en lien avec les baisses tarifaires) et des remboursements de médicaments, compte tenu de l’"effet franchises" (- 0,6 % contre + 4,5 % en 2007). Au contraire, les dépenses d’indemnités journalières ont connu une accélération l’an passé : +5,4 % en 2008 (au lieu de +4,1 % en 2007). Du côté des dépenses des établissements, celles du secteur médico-social sont les plus dynamiques en 2008 (+ 9,9 %), alors que les versements aux établissements sanitaires ont progressé de + 2,1 % pour l’hôpital public (hors effet récupération d’avances) et de + 4,5 % pour les cliniques privées."
http://www.quotimed.com/web/index.cfm?fuseaction=viewendirect&waidx=131